Le maréchal Pétain.

Ouverture du procès

Trois mois se sont écoulés depuis son retour en France. Le vieil homme, qui a bientôt 90 ans, est accusé « d’attentat contre la sûreté intérieure de l’État et d’intelligence avec l’ennemi, en vue de favoriser ses entreprises en corrélation avec les siennes. »

L’ancien président du conseil Reynaud sans aucune honte ose l’accuser : «d’avoir fomenté un complot en 1940 pour « trahir la France ». » Lui qui avec tous ces comparses ont désarmé le pays et l’ont livré à l’ennemi, fuyant lâchement devant l’avancée des troupes allemandes !

L’accusé est introduit vers 13 h 30, il porte l’uniforme avec pour seule décoration la médaille militaire. Contrairement aux usages, il n’est pas précédé d’un officier, mais seulement d’un sous-officier de la garde républicaine. La salle pleine à craquer. Les jurés, les témoins, les journalistes, l’assistance entassée sur des bancs et des gradins forment une masse compacte qui d’un seul homme se lève à la vue du Maréchal.

Alors que la parole lui est enfin donnée, Philippe Pétain se lève, «aucun tic du visage, aucun tremblement des mains, son impassibilité garde de l’allure» note l’écrivain Jean Schlumberger, il commence la lecture d’une déclaration rédigée. D’une voix ferme, le vainqueur de Verdun commence par s’en prendre au tribunal et à la légitimité de la Cour :

«C’est le peuple français qui, par ses représentants réunis en Assemblée nationale le 10 juillet 1940, m’a confié le pouvoir, c’est à lui que je suis venu rendre des comptes.

La Haute Cour, telle qu’elle est constituée, ne représente pas le peuple français, et c’est à lui seul que s’adresse le Maréchal de France, chef de l’État »

Je ne ferai pas d’autre déclaration. Je ne répondrai à aucune question.» Mes défenseurs ont reçu de moi la mission de répondre à des accusations qui veulent me salir et n’atteignent que ceux qui les profèrent.

J’ai passé ma vie au service de la France. Aujourd’hui, âgé de près 90 ans, jeté en prison, je veux continuer à la servir, en m’adressant à elle une fois encore. Qu’elle se souvienne ! J’ai mené ses armées à la victoire en 1918. Puis, alors que j’avais mérité le repos, je n’ai cessé de me consacrer à elle.

J’ai répondu à tous ses appels, quels que fussent mon âge et ma fatigue. Le jour le plus tragique de son Histoire, c’est encore vers moi qu’elle s’est tournée.

Je ne demandais rien, je ne désirais rien. On m’a supplié de venir : je suis venu. Je devenais ainsi l’héritier d’une catastrophe dont je n’étais pas l’auteur. Les vrais responsables s’abritaient derrière moi pour écarter la colère du peuple.

Lorsque j’ai demandé l’armistice, d’accord avec nos chefs militaires, j’ai rempli un acte nécessaire et sauveur.

Oui, l’armistice a sauvé la France et contribué à la victoire des Alliés en assurant une Méditerranée libre et l’intégrité de l’Empire.

Le pouvoir m’a été confié et légitimement reconnu par tous les pays du monde, du Saint-Siège à l’U.R.S.S. De ce pouvoir, j’ai usé comme d’un bouclier pour protéger le peuple français. Pour lui, je suis allé jusqu’à sacrifier à mon prestige. Je suis demeuré à la tête d’un pays sous l’occupation.

Voudra-t-on comprendre la difficulté de gouverner dans de telles conditions ? Chaque jour, un poignard sur la gorge, j’ai lutté contre les exigences de l’ennemi. L’Histoire dira tout ce que je vous ai évité, quand mes adversaires ne pensent qu’à me reprocher l’inévitable.

L’occupation m’obligeait à ménager l’ennemi, mais je ne le ménageais que pour vous ménager vous-mêmes, en attendant que le territoire soit libéré.

L’occupation m’obligeait aussi, contre mon gré et contre mon cœur, à tenir des propos, à accomplir certains actes dont j’ai souffert plus que vous, mais devant les exigences de l’ennemi, je n’ai rien abandonné d’essentiel à l’existence de la patrie.

Au contraire, pendant quatre années, par mon action, j’ai maintenu la France, j’ai assuré aux Français la vie et le pain, j’ai assuré à nos prisonniers le soutien de la Nation.

Que ceux qui m’accusent et prétendent me juger s’interrogent du fond de leur conscience pour savoir ce que, sans moi, ils seraient peut-être devenus. *

Pendant que le Général De Gaulle, hors de nos frontières, poursuivait la lutte, j’ai préparé les voies de la libération, en conservant une France douloureuse mais vivante.

A quoi, en effet, eût-il servi de libérer des ruines et des cimetières ?

C’est l’ennemi seul qui, par sa présence sur notre sol envahi, a porté atteinte à nos libertés et s’opposait à notre volonté de relèvement.

J’ai réalisé, pourtant, des institutions nouvelles ; la Constitution que j’avais reçu mandat de présenter était prête, mais je ne pouvais la promulguer.

Malgré d’immenses difficultés, aucun pouvoir n’a, plus que le mien, honoré la famille et, pour empêcher la lutte des classes, cherché à garantir les conditions du travail à l’usine et à la terre.

La France libérée peut changer les mots et les vocables. Elle construit, mais elle ne pourra construire utilement que sur les bases que j’ai jetées.

C’est à de tels exemples que se reconnaît, en dépit des haines partisanes, la continuité de la Patrie. Nul n’a le droit de l’interrompre.

Pour ma part, je n’ai pensé qu’à l’union et à la réconciliation des Français. Je vous l’ai dit encore le jour où les Allemands m’emmenaient prisonnier parce qu’ils me reprochaient de n’avoir cessé de les combattre et de ruiner leurs efforts.

Je sais qu’en ce moment, si certains ont oublié, depuis que je n’exerce plus le pouvoir, ce qu’ils ont dit, écrit ou fait.

Des millions de Français pensent à moi, qui m’ont accordé leur confiance et me gardent leur fidélité.

Ce n’est point à ma personne que vont l’une et l’autre, mais pour eux comme pour bien d’autres, à travers le monde, je représente une tradition qui est celle de la civilisation française et chrétienne, face aux excès de toutes les tyrannies.

En me condamnant, ce sont des millions d’hommes que vous condamnerez dans leur espérance et leur foi. Ainsi, vous aggraverez ou vous prolongerez la discorde de la France, alors qu’elle a besoin de se retrouver et de s’aimer pour reprendre la place qu’elle tenait autrefois parmi les nations.

Mais ma vie m’importe peu. J’ai fait à la France le don de ma personne. C’est à cette minute suprême que mon sacrifice ne doit plus être mis en doute.

Si vous deviez me condamner, que ma condamnation soit la dernière et qu’aucun Français ne soit plus jamais détenu pour avoir obéi aux ordres de son chef légitime.

Mais, je vous le dis à la face du monde, vous condamneriez un innocent en croyant parler au nom de la justice et c’est un innocent qui en porterait le poids, car un Maréchal de France ne demande de grâce à personne.

A votre jugement répondront celui de Dieu et celui de la postérité. Ils suffiront à ma conscience et à ma mémoire.

Je m’en remets à la France ! »

Tiré du livre Message d’outre-tombe du Maréchal Pétain : Textes officiels, ignorés ou méconnus, consignes secrètes (Aux Nouvelles Editions Latines. Pages 272, 273, 274,275.) rédigé par Philippe Pétain, Monique Paillard,Jean Paillard.

La confusion des débats et telle qu’elle ne permet pas de lever le voile sur les vraies responsabilités entre le maréchal et les institutions de la IIIème République. Philippe Pétain est condamné à mort le 15 août, radié de l’Académie française, laquelle n’élit personne jusqu’à sa mort, et démuni de tous ses biens. De Gaulle lui accorde la grâce présidentielle et commue sa peine en détention à perpétuité. Incarcéré sur l’île d’Yeu, il y meurt six ans plus tard.

Le 23 juillet 1951 : mort du Maréchal Philippe Pétain, homme d’État.

C’est le plus vieux détenu du monde qui meurt. Il a 96 ans ; 6 ans, jour pour jour après son procès. Le 11 avril 1951, le colonel REMY, chef et créateur du réseau de résistance « Réseau Notre Dame » écrit dans l’hebdomadaire « Carrefour » un article où sous le titre :

« la justice ou l’opprobre »

Il s’élève contre le maintien en forteresse du Maréchal dans des conditions honteuses et inhumaines. Le colonel REMY a, par ailleurs, adhéré à l’Association pour la défense du maréchal Pétain, afin que justice lui soit rendue.

A 9h22, après cinq jours d’agonie, le maréchal Pétain a cessé de vivre; le médecin-capitaine Maître annonce à la Maréchale le décès de son mari en prononçant ces quelques mots : « Madame, le Maréchal de France n’est plus ».

Le Maréchal est revêtu de son uniforme portant une seule décoration, la Médaille Militaire. La dignité de Maréchal de France sera inscrite sur les actes de l’état civil. La Maréchale reçoit, le jour même, plusieurs milliers de messages de condoléances dont ceux de la Maréchale Joffre et du général Juin.

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Les Allemands avaient compris que l’armistice était une grosse erreur de A.H,
lui avait dit à propos du Maréchal : « Le vieux renard »

Merci, le Salon Beige

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Légion Etrangère

Les légionnaires sont en France pour donner,
les migrants pour recevoir.

J.-P. Fabre Bernadac
Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

Eux ne cassent rien, n’importunent pas les passants dans les rues, ne viennent pas quémander de la nourriture ou un toit. Eux ne sont pas, non plus, français, mais ne sont pas partis de chez eux pour avoir un confort financier ou des avantages économiques. Eux attendent au minimum trois ans pour être des citoyens français alors que, par simple mariage, un étranger, au bout d’un an, peut demander sa nationalité. Eux acquièrent cette dernière parce qu’ils ont été blessés au combat, alors que les immigrés nés en France et ayant vécu cinq ans dans le pays sont de plein droit français.

Eux, comme vient de le rapporter Le Figaro, ce sont ces légionnaires qui servent la France avec honneur et fidélité.

Ainsi, après douze ans dans la Légion, Sergueï, un Russe de 32 ans, a demandé la nationalité française et vient de l’obtenir. « Il en a pleuré d’émotion », témoigne un gradé de son régiment en se souvenant du jour où le jeune Russe a appris que sa demande était accordée. Oui, vous avez bien lu, il a pleuré d’émotion alors que certains migrants logés en Formule 1 refusent les repas car ils ne sont pas halal ou pas assez épicés.

Depuis 1998, 5.217 légionnaires ont obtenu la procédure classique de naturalisation. Le chef de corps du 4e régiment étranger (le régiment d’instruction de la Légion) explique le pourquoi d’une telle décision : « Il y a seulement environ 10 % de nos hommes qui demandent la nationalité française, ce qui sous-tend une volonté vraie, forte, car il y a des moyens plus faciles pour l’acquérir, par le mariage par exemple. »

En France, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur publiés en 2016, il y a eu 113.608 nouveaux Français en 2015 et, sur ceux-ci, simplement 205 légionnaires.

Pour ces soldats d’élite, le critère de naturalisation est le volontariat. Le militaire doit avoir plus de trois ans de service, « notamment pour éviter l’immigration illégale et le regroupement familial », prouver sa volonté d’intégration à la nation française et obtenir son certificat de bonne conduite. Sa demande est d’abord pré-instruite par le commandement de la Légion, qui parfois refuse, puis ensuite elle est traitée par le ministère de l’Intérieur. Si la procédure est identique à celle des civils, par contre, les motivations sont diamétralement opposées. Pour les képis blancs, il s’agit du prestige de la France, de l’amour du pays qu’ils servent et qui leur a tout donné.

D’après un officier de la Légion ils soulignent tous que « c’est un honneur pour eux de devenir français… qu’ils éprouvent une grande gratitude… que devenir français c’est une façon de remercier ».

Mariusz Nowakowski, lui, a acquis la nationalité française « par le sang versé ». En 1993, âgé de 23 ans, ce Polonais en « opé » à Sarajevo se fait arracher une jambe par un tir de mortier. Après des semaines de coma, il est transféré à l’hôpital des Invalides, à Paris. Le ministre de la Défense de l’époque venu le voir lui demande ce qu’il souhaite : « Ni argent ni médaille, mais être français », répond le légionnaire. Il se souvient qu’il avait « peur de ne plus pouvoir rester dans la Légion et de devoir quitter la France » alors qu’il « avait fait quelque chose pour ce pays » et se « sentait vraiment français ».

Aujourd’hui, devenu père de famille, la Légion le fait travailler comme civil pour Képi blanc, le magazine de la Légion étrangère. Depuis 1831, près de 38.000 légionnaires ont été tués au combat et, depuis 1940, plus de 40.000 ont été blessés.

Les uns sont venus donner à la France sueur, peur, fatigue ainsi que leur sang. Les autres, souvent, c’est pour recevoir des avantages sociaux qu’ils sont chez nous.

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Quand on voit le sort réservé à nos armées, on se pose des tas de questions !

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L’athée et l’exception de divinité républicaine

Eric Delcroix, juriste, essayiste, écrivain…

La XVIIe chambre du Tribunal correctionnel de Paris a, ce 31 mars, de nouveau condamné Christine Tasin, militante de la laïcité sans concession et dont le courage force l’admiration. Sanction pour un délit d’opinion que, dans le monde annoncé par Orwell où nous vivons, la novlangue ne veut surtout pas entendre nommer.

Pis, il s’agit, de nos jours souvent de délits de sentiment, tant le droit en est venu, depuis 1972 (lois Pleven, Gayssot et Perben), dans une décadence vertigineuse que dénonçait le professeur Jean Carbonnier (1908-2003), à se confondre avec la morale.
L’Etat de droit juge de nos (mauvais) sentiments

Madame Tasin a ainsi été condamnée pour avoir « provoqué à la haine » contre l’islam, en fait pour un blasphème. Pourtant, au sens littéral de son texte, la loi Pleven ne protège théoriquement que les croyants de toute religion déterminée et non les religions elles-mêmes (cf. relaxe de Michel Houellebecq en 2002).

Or, les juges de l’ « Etat de droit »* (véritable gouvernement des juges qui s’est constitué sous nos yeux au fil du dernier demi-siècle) pouvaient formellement ne pas condamner. Il leur aurait suffi de dire que le principe d’interprétation stricte de la loi pénale :

1°- ne protégeait pas en soi les religions (voy. supra) ;

2°- ne permettait pas de définir un concept aussi subjectif que la haine. Au demeurant, c’est pour cette raison qu’il a fallu au Parlement abroger le délit d’offense au chef de l’Etat (2013), car l’offense était un concept rétif à une appréhension objective et, pour cela, inopérante selon la Cour européenne des droits de l’homme qui censure nos lois depuis Strasbourg…

Il faut malheureusement constater ces dérives jurisprudentielles, car, si la haine est tout aussi rétive que l’offense à l’interprétation stricte, ce concept est essentiel à l’ordre moral antidiscriminatoire dont l’Etat de droit est le parangon. Aussi l’interprétation stricte est-elle sciemment oubliée par les juges, ceux du Tribunal correctionnel de Paris comme ceux de la Cour européenne des droits de l’homme. Il est vrai qu’un juge qui écarterait l’application des lois Pleven, Gayssot ou Perben, ou s’éloignerait des turlutaines des droits de l’homme, s’exposerait à un ostracisme rédhibitoire. Plus encore qu’un juge de l’époque victorienne qui aurait justifié la pornographie.

L’Etat de droit est le vecteur de cet ordre moral dont l’idéal est le métissage de l’Europe, en symétrie avec la doctrine nationale-socialiste allemande qui le refusait.
« Ecrasons l’infâme » ou à bas l’exception de divinité !

« Résistance républicaine », le mouvement de Christine Tasin, pourrait reprendre à son compte l’expression de Voltaire, « Ecrasons l’infâme », mais de nos jours le propos ne peut guère être porté que contre un catholicisme crépusculaire…

J’ai déjà critiqué ici même (Polémia, « la République n’est plus laïque », 26/03/2015 – https://www.polemia.com/la-republique-nest-plus-laique/) l’exception de divinité, par laquelle la république soi-disant laïque interdit et réprime les libres critiques des doctrines, idéologies ou mouvances dès lors qu’elles sont théistes ; les critiques des personnes et communautés en fonction de leur « appartenance ou de [leur] non-appartenance », pour reprendre la formulation légale, à une doctrine, idéologie ou mouvance profane étant seules libres. Madame Tasin a été condamnée pour avoir dénoncé ce qu’elle qualifiait, en leitmotiv du discours incriminé, d’ « islam assassin » ; quiconque tiendrait le même discours contre le communisme en le qualifiant d’assassin n’encourrait aucune poursuite.

Entre nos juges soumis et la militante athée, il y a l’ombre de Dieu ! Même si le diable, si j’ose dire ici, se cache dans les détails comme démontré ci-dessus… A ce stade, la laïcité n’est plus qu’un grossier mensonge et les juges devraient se souvenir (théisme oblige) que le Christ qualifiait les Pharisiens hypocrites de « sépulcres blanchis » (Matthieu, XXIII, 27). Mais le peuvent-ils, eux que l’on a conditionnés non plus pour assurer la sauvegarde de l’ordre public, conformément à leur rôle historique, mais pour promouvoir le Bien, conformément au néo-catéchisme (selon le mot de Philippe Muray) enseigné à l’Ecole nationale de la magistrature ?

En rupture avec plus de deux siècles de civilisation juridique, le droit est devenu une idéologie.

Eric Delcroix
2/04/2017

(*) L’antonyme d’Etat de droit – dont les politiciens contemporains se rincent la bouche – étant l’Etat souverain.

Correspondance Polémia – 3/04/2017

Image : Portraits des deux policiers assassinés à Magnanville.

La 17e Chambre a rendu son verdict.
« Pour avoir dit « islam assassin » au lendemain de l’assassinat de deux de nos policiers à Magnanville, me voici condamnée pour incitation à la haine etc. à 1500 euros d’amende plus 2000 euros de dommages et intérêts et frais de procédure pour la LDH et autant pour la LICRA ». (Christine Tasin)

« Ce sont les tyrans maladroits qui se servent des baïonnettes, l’Art de la tyrannie consiste à faire la même chose avec des juges» de Camille Desmoulins….

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L’Art de la guerre

Tout l’art de la guerre est basé sur la duperie, Sun Tzu

PsyOps : le Pentagone teste les nouvelles capacités de son homologue russe,

par Valentin Vasilescu

Début février 2017, d’importantes manifestations secouaient la Roumanie. Pourtant, alors que les médias internationaux annonçaient la chute imminente du gouvernement de Sorin Grindeanu, rien ne se produisit. Pour Valentin Vasilescu, qui est à la fois un expert militaire et un militant d’opposition, ces événements auraient été organisés par les PsyOps de l’armée roumaine et du Pentagone pour tester la pénétration de leurs homologues russes dans le pays. Cette affaire met en lumière le développement des PsyOps russes, désormais capables, sur ce plan aussi, de rivaliser avec l’Otan.

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Qu’est-ce-que les PsyOps ?

La CIA (division des Opérations secrètes) et le Pentagone (direction des Opérations et de Commandement des Forces spéciales) ont adapté les nouvelles technologies au combat. Ce qui a étendu la confrontation militaire à des environnements non-conventionnels (informationnel, psychologique, etc.), et a conduit à l’émergence de nouveaux modes d’action propres à ces environnements aussi bien qu’à la création de forces non-conventionnelles.

Les campagnes du XXIème siècle ont dépassé le stade où les soldats s’entretuent les uns les autres. En ce qui concerne les opérations d’information, il n’y a pas de destruction physique de l’adversaire, mais une recherche d’influence et de contrôle de son esprit. Les dommages causés par les PsyOps se reflètent par des changements au plan cognitif, mental. Les opérations d’information ne visent pas des individus, mais plus largement des populations dans des zones géographiques définies. Les plus élaborées des agressions informationnelles sont dites de « deuxième génération » : l’armée surveille longuement l’infrastructure d’information de l’État-cible pour le déstabiliser au bon moment et le bloquer. Même si l’État applique des mesures de protection psychologique, elles ne sont généralement inefficaces pour contrer ce type d’agression.

Les PsyOps comme instrument pour déclencher des bouleversements sociaux

Au cours de la manifestation contre Nicolae Ceaușescu ordonnée le 21 décembre 1989 par le Comité central et qui a précédé le coup d’État en Roumanie, des structures de l’armée roumaine spécialisées dans la guerre psychologique ont réussi à briser le rassemblement en induisant au sein de la foule un état d’agitation et de panique créé avec de puissants haut-parleurs. La sonorisation du meeting a été assurée par l’armée, avec 10 véhicules disposés de manière à ne pas être visibles, mais selon un certain angle pour que l’écho sur la place produise le son voulu. Ces véhicules de transport blindés et des camions de l’armée ont été équipés d’un matériel émettant un forte vibration à basse fréquence. La structure de l’armée roumaine à laquelle ils appartenaient a été appelée « Section technique PsyOps pour la propagande spéciale ».

Pendant ce temps, de plus en plus de microprocesseurs à faible coût ont fait avancer la technologie de l’information, en particulier dans ses applications telles que la télévision par câble, la téléphonie mobile et les réseaux Internet. Ce type de technologie a été accompagné par la mise en place et l’organisation de nombreux groupes, prétendument spontanés et festifs, dont les membres peuvent être dispersés dans des lieux différents.

Le phénomène lui-même s’est développé dans les pays occidentaux et a été nommé Smart Mobs (communauté intelligente). On a utilisé ces groupes pour réaliser des actions rapides et ponctuelles, les Flash Mobs (mobilisation éclair) ; une communauté intelligente peut ainsi se rassembler rapidement dans un lieu public pour y tenir une brève manifestation et se disperser tout aussi rapidement.

Internet, Twitter ou Facebook sont des canaux publics pour la transmission de données, rien de plus. Les publicitaires ont déjà acquis une expérience quant à l’utilisation de Twitter et de Facebook. Mais les armées ont également pris en compte la possibilité de brouiller et, pire, de tromper.

Mise en œuvre des PsyOps à la place de la Victoire ?

Certaines sources affirment que les manifestations en Roumanie en 2017 avaient été suscitées par les PsyOps nationales. Toute l’opération s’est effectuée via les réseaux sociaux et par contagion. Elle a réussi à rassembler plus de 600 000 Roumains dans dix grandes villes du pays.

La recette utilisée semble être la même que celle de la manifestation qui a rassemblé plus de 100 0000 personnes, le 21 août 1968, pour condamner l’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie. La décision d’organiser une telle manifestation en opposition à Moscou avait besoin d’un soutien populaire. La Securitate avait alors utilisé les canaux existants, les radios et la télévision, pour préparer psychologiquement la population et s’assurer que le rassemblement aurait lieu sur la Place du Palais, devant le Comité central.

Le plus ironique dans les manifestations roumaines de 2017, c’est que sans mobile apparent, les riches s’y sont particulièrement engagés dans un pays qui compte plus de cinq millions de pauvres. Ils se sont exprimés pacifiquement, projetant des slogans avec des faisceaux laser sur les bâtiments, dans une atmosphère de carnaval. Un comportement qui contraste fortement avec celui d’une vraie révolution, au cours de laquelle le peuple est obligé de descendre dans la rue et de recourir à la violence parce que l’on ne répond pas à ses besoins de base (nourriture, vêtements, etc.).

Donc, à la différence des « Printemps arabes », les manifestations en Roumanie semblent avoir été prévues pour qu’il n’y ait pas d’ingérence extérieure, qu’elles restent sous contrôle et aboutissent à une finalité. En effet, elles sont probablement restées sous le contrôle permanent des structures PsyOps nationales.

Tout s’est passé, non pas comme si l’on voulait renverser les institutions, mais comme si l’on cherchait à mesurer la pénétration dans la population de structures PsyOps étrangères, russes en l’occurrence. Ces manifestations ont également permis de vérifier la capacité de mobilisation de la population si une situation comme celle de la Tchécoslovaquie en 1968 survenait.

Si cette hypothèse était confirmée, la seule question intéressante serait : le Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir faisait-il partie ou non de cette opération ?

On remarquera la présence d’équipes de CNN, d’Al Jazeera, de CCTV (Télévision chinoise) et de la BBC, qui retransmettaient les manifestations en direct. Russia Today était également là, avec Nikolay Morozov qui avait justement rapporté les événements de décembre 1989. Nul doute que ces équipes ont eu à composer avec les spécialistes en PsyOps qui ont suivi et gardés pour eux les détails de l’opération.

Dans toute opération militaire, et donc dans toute PsyOps, on doit disposer d’une chaine de commandement. En analysant soigneusement les messages Twitter et Facebook, on a découvert des « nœuds de réseau », c’est-à-dire des états-majors impliqués dans l’opération. Ils sont formés aux méthodes de contrôle des foules pour créer une contagion entre des individus disparates.

Les spécialistes PsyOps disposent d’une photographie instantanée de la situation sur le terrain. De la sorte, les états-majors parviennent à localiser facilement les « relais d’opinion », c’est-à-dire les personnes qui influencent les autres. Ils choisissent alors de les informer du projet ou de les tenir dans l’ignorance de ce qui se passe. C’est ce qui explique que certains médias roumains ont évité de révéler des détails PsyOps ou les ont volontairement interprété à tort afin de camoufler leurs auteurs.

Les États-Unis ont créé en Roumanie la plus forte structure de PsyOps de l’Otan

Les institutions roumaines, ont-elles la capacité d’organiser quoi que ce soit ? En Roumanie, État-membre de l’Otan, situé sur sa frontière orientale, le Pentagone a créé la plus performante structure PsyOps de l’Alliance. Le Commandement des opérations spéciales (COS) des forces terrestres de l’armée roumaine comprend l’ensemble des structures capables d’exécuter toutes sortes de missions non-conventionnelles en Roumanie et à l’étranger. La direction des Actions psychologiques (PsyOps) est l’élément le plus important subordonné au COS et fonctionne au sein de la direction des Opérations de l’état-major général. Elle est composée du service d’Analyse d’objectifs et d’Évaluation du service de la Planification et de la Gestion des opérations psychologiques et du service de l’Influence psychologique de l’ennemi.

Un Centre pour les opérations psychologiques a été créé, avec les meilleurs professeurs en sociologie, des chercheurs en psychologie, des réalisateurs expérimentés de télévision, des experts en relations publiques, des instructeurs PsyOps états-uniens, etc. En Afghanistan, les militaires roumains, qui sont en fait des troupes d’occupation, ont imprimé et diffusé à l’intention des habitants le magazine Sada e Azadi (« La Voix de la Liberté »), tiré à 400 000 exemplaires, avec des articles en trois langues : anglais, dari et pachtoun. Ils ont également créé une station radio homonyme qui émet non-stop.

Les forces d’Opérations spéciales, une extension des PsyOps

Après la guerre du Vietnam, au cours de laquelle elle avait expérimenté les rudiments des PsyOps, l’armée états-unienne a créé en plus des quatre armes (Terre, Mer, Marine et Marines, c’est-à-dire infanterie de marine), un commandement des Opérations spéciales (US Special Operations Command). Connu sous l’appellation de « Bérets Verts », ses soldats sont organisés en cinq groupes affectés à chacun des cinq commandements continentaux (EuCom, CentCom, AfriCom, PacCom, SouthCom). Ils sont formés aux langues et aux coutumes des peuples de la zone à laquelle ils sont affectés.

Les PsyOps et les Opérations spéciales sont utilisées pour des coups d’État

Le guide Lutte non-violente en 50 points, élaboré par le colonel Robert Helvey, a servi de base à toutes les « révolutions colorées », notamment en ex-Union Soviétique. Robert Helvey a débuté sa carrière dans les PsyOps durant la guerre du Vietnam, puis est devenu l’assistant de Gene Sharp à l’Albert Einstein Institution. Dans son livre, il décrit les méthodes utilisées par les professionnels des manifestations afin de surmonter la peur et à subordonner les émotions des foules. Gene Sharp, le colonel Robert Helvey et le colonel Reuven Gal (directeur de l’Action psychologique au sein des Forces armées israéliennes) ont organisé ensemble de nombreuses tentatives, parfois couronnées de succès, de « renversement de régime ». Après la reprise par Hugo Chávez d’un article de Thierry Meyssan révélant ce système, l’Albert Einstein Institution a laissé la place au Centre for Applied Non Violence (Canvas) basé en Serbie et à l’Academy of Change, basée au Qatar [1].

Les forces d’Opérations spéciales exécutent des missions considérées comme « antiterroristes » par l’État dont elles dépendent. Mais parfois, la situation exige que le commandement militaire adopte un dispositif de défense pour, après un court laps de temps, créer les conditions pour passer à l’offensive. De fait, un service secret d’un État peut réaliser un « changement de régime » dans un pays étranger, c’est-à-dire… une opération terroriste.

Le 7 avril 2009, Chisinau (Moldavie) a été confronté à une tentative de coup d’État qui a entraîné la chute du gouvernement communiste, initié des élections anticipées et a installé une gouvernance pro-occidentale. Les forces de l’ordre ont eu recours à la violence, à la fois pour délégitimer les organisateurs externes du coup d’État et les exécutants internes de celui-ci. Il fallait à tout prix qu’il y ait des destructions et des victimes pour pousser la police anti-émeute à riposter.

Le 22 février 2017, Sergeï Choïgou révèle à la Douma l’ampleur du nouveau service d’Opérations psycholgiques des armées russes.

Conclusion

Si cette hypothèse se confirme, quel danger imminent déterminerait les institutions roumaines à recourir aux PsyOps à Victoria Square ? Pour la Roumanie, le voisinage de la Russie est sensé représenter le plus grand risque. Si, après l’effondrement de l’Union Soviétique, les PsyOps pouvaient être insignifiants, après Euromaïdan de Kiev en 2014 leur importance a augmenté de façon exponentielle. Auditionné par la Douma, le 21 février 2017, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a reconnu avoir multiplié plusieurs fois le nombre de structures spécialisées dans la conduite des opérations d’information. Celles-ci ont maintenant un caractère offensif d’après les modèles PsyOps existant dans l’armée états-unienne. Ces structures sont plus efficaces et plus puissantes que les anciennes structures responsables de la contre-propagande.

Le fonctionnement des nouvelles structures russes PsyOps a été testé pendant les exercices militaires Kavkaz-2016, tenus du 5 au 10 septembre 2016. Un rôle important dans ces exercices a été celui de la direction des Opérations de l’état-major général des structures PsyOps, des Spetsnaz et des unités de lutte cybernétique et radio-électronique. L’armée russe a plusieurs groupes PsyOps répartis en quatre commandements stratégiques (Ouest, Sud, Centre et Est). Ces groupes ont des divisions spécialisées pour tous les pays du voisinage proche ou lointain de la Russie.

Les structures PsyOps coopèrent avec sept brigades des Forces des opérations spéciales (Spetsnaz), les deux structures étant subordonnées au GRU. En intégrant aux PsyOps les technologies modernes disponibles dans l’armée russe, Moscou serait désormais capable lui aussi d’exécuter à l’échelle mondiale des opérations de quatrième génération pour détruire, éreinter et paralyser la totalité du pouvoir d’un État ennemi.

En Crimée et dans le Donbass, la Russie a eu recours à la guerre hybride ; un type de conflit militaire conçu dans ses laboratoires de stratégie militaire. La guerre hybride passe souvent par des intermédiaires, c’est-à-dire l’utilisation de militaires en civil ou sans insignes, officiellement non-reconnus, qui sont camouflés en acteurs non-étatiques, tels que les « petits hommes verts ». La composante militaire est utilisée tant qu’il est nécessaire de suggérer une invasion.

Selon le général Philip Breedlove, ancien commandant suprême de l’Otan, la Russie est en mesure de créer partout des zones d’exclusion aérienne, imperméable à tous les moyens de l’Otan (Anti-Access/Area Denial — A2/AD bubble). Le système automatisé russe C4I (commandement, contrôle, communications, informatique, renseignement et interopérabilité) est une des composantes des équipements de guerre cybernétique de type ELINT (Electronic Intelligence).

Le matériel Borisoglebsk-2 connecté à des satellites russes, scanne et enregistre le trafic des informations (tous les canaux) des institutions de la sécurité nationale d’un État. Cet équipement utilise des leurres électronique pour supprimer le trafic ou le saturer avec de fausses informations. Un autre équipement de guerre électronique, le Krasukha-4, brouille tous les radars terrestres, navals, aériens, satellites militaires et civils (y compris ceux qui assurant la transmission des communications ou la transmission de chaînes de télévision).

L’élément essentiel de la guerre hybride est le fait qu’elle commence par identifier les faiblesses et les vulnérabilités de l’ennemi chez lui pour les exploiter en créant des réalités alternatives, diffusées par la télévision, Internet et surtout par le biais des réseaux sociaux. Cette guerre hybride peut être une extension du système militaire au système social, économique et politique de l’État-cible, en lui inoculant une perception prédéfinie reflétant la vision russe de l’évolution des événements et des faits. Le premier résultat est l’affaiblissement de la volonté et du soutien de la population, des institutions ou des chefs de l’État cible.

Après avoir créé les conditions du bouleversement du système social et paralysé la possibilité de communiquer entre eux et les institutions de sécurité nationale, la Russie peut procéder aux PsyOps : sous forme de déclenchement de manifestations pacifiques —comme celles de Bucarest en 2017— ou de manifestations violentes impliquant les forces spéciales (Spetsnaz) —sur le modèle des « printemps arabe »— quand l’objectif est de renverser un gouvernement pro-occidental et d’en installer un pro-russe.

La Russie affirme qu’elle est désormais prête à déclencher des opérations psychologiques (PsyOps) à l’étranger. Et que les PsyOps, en tant qu’outil pour changer les sphères d’influence sans invasion militaire, ne sont plus le monopole des États-Unis.

Valentin Vasilescu

Traduction
Avic
Réseau International

[1] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

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Décidément, donner sa confiance est un exercice des plus redoutés  😉

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Le Sommet Soros se réunit à Paris

Encore une belle fumisterie étasuniène

 

 

La France a accueilli le 4ème sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert (Open Government Partnership), du 7 au 9 décembre 2016. 70 États y ont participé.

Cette organisation est issue de la réforme majeure de l’administration Obama, l’Initiative pour un gouvernement ouvert (Open Government Initiative), lancée le premier jour de la première administration, en 2009.

Appliquant les principes du philosophe Karl Popper promus par les fondations de George Soros, cette initiative vise à :
- veiller à la transparence des gouvernements démocratiques ;
- faire participer les citoyens aux prises de décision via les ONG —et non pas via les Parlements—.

Deux autres objectifs ont été ajoutés lors de la création de l’organisation inter-gouvernementale :
- lutter contre la corruption —sauf lorsqu’elle est assumée par des lobbys enregistrés— ;
- généraliser l’usage des nouvelles technologies.

L’Open Government Partnership a été lancé par la secrétaire d’État Hillary Clinton, en 2011. En application de ses propres principes, cette organisation inter-gouvernementale associe de nombreuses ONG à la fois à ses débats et à sa gestion. La présidence est actuellement détenue par la France et le World Resources Institute. Cette dernière est une association états-unienne créée par les Démocrates et visant à promouvoir le marché de l’écologie en contournant l’Onu. C’est à travers cette ONG que l’ancien vice-président Al Gore a popularisé la théorie de la cause humaine des troubles climatiques [1].

L’Open Government Partnership est d’abord financé par des fondations d’entreprises (l’Open Society de George Soros, l’Omidyar Network très impliqué dans le coup d’État ukrainien, The William and Flora Hewlett Foundation, la Ford Foundation traditionnel partenaire de la CIA) et par ses États membres.

À l’issue de cinq ans d’existence, chacun peut constater que, contrairement aux engagements de Barack Obama et à ses décrets présidentiels, les États-Unis n’ont jamais été aussi opaques, corrompus et en définitive fermés. Par contre, les autres États membres ont été contraints de s’affaiblir prétendument dans l’intérêt de tous, en réalité dans le seul intérêt des « ONG » et fondations d’entreprise accréditées.

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Russie vs Otan

Les moyens de l’Otan utilisés par les jihadistes pour attaquer un hôpital à Alep-Ouest

 

Le 5 décembre, les jihadistes d’Alep-Est ont tiré sur un hôpital militaire que la Russie venait d’installer à Alep-Ouest pour soigner les enfants fuyant la dictature d’Al-Qaïda.

L’hôpital avait été déployé le jour-même.

Immédiatement, les autorités russes ont accusé les États-Unis, la France et le Royaume-Uni d’avoir fourni aux jihadistes les coordonnées de leur hôpital.

Plusieurs membres de l’Otan ont répondu en accusant la Russie de « bloquer le Conseil de sécurité de l’Onu » [1].

Après vérification, il apparaît que les jihadistes ont directement touché l’hôpital sans procéder aux tirs de réglage habituels de l’artillerie ; qu’ils ont effectivement reçu les coordonnées de l’hôpital sous forme d’image satellitaires ; que ces images ont été fournies par le LandCom —le centre de commandement des Forces terrestres de l’Otan, situé à Izmir (Turquie)—.

Comme en Libye où les moyens de l’Otan ont été utilisés par quelques États membres sans autorisation du Conseil atlantique et donc en violation des statuts de l’Organisation, la guerre contre la Syrie est menée depuis le premier jour sous la coordination de l’Alliance atlantique.

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La Russie cède 19,5 % de Rosneft à Glencore et au Qatar

 

 

La Fédération de Russie, qui détient directement 50% du capital de Rosneft, vient d’en céder 19,5% à Glencore et au Qatar.

On ignore la répartition exacte du capital.

Rosneft est la première entreprise pétrolière mondiale.

Cette décision intervient alors que l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis laissent prévoir la levée des sanctions économiques contre Moscou, et alors que l’accord de réduction de la production pétrolière prise au sein de l’OPEC devrait permettre à la hausse des prix de se poursuivre lentement.

Rosneft avait par ailleurs acquis le pétrolier Bachneft juste avant cette privatisation. À cette occasion, selon le Comité d’enquête de la Russie, le ministre de l’Économie, Alexeï Oulioukaïev, aurait illégalement perçu 1,8 million d’euros pour donner son accord. Le ministre a été placé en résidence surveillée.

La valeur boursière de Rosneft est évaluée à 55,02 milliards d’euros. Les actions cédées à Glencore et au Qatar l’ont été avec une décote de 2%, soit 10,5 milliards d’euros.

Le Qatar est déjà actionnaire majoritaire de Glencore.

Les 10,5 milliards d’euros de recettes seront reversés à l’entreprise publique Rosneftegaz, qui devrait en verser à son tour une partie à l’État. Ils seraient alors utilisés pour couvrir le déficit provoqué par les sanctions économiques européennes.

Séparant totalement sa politique économique de sa politique étrangère, la Russie a ainsi scellé une alliance avec le Qatar qu’elle combat militairement en Syrie.

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Nouveau bombardement israélien à Damas

 

 

L’armée israélienne a bombardé, depuis le Liban, vers 3h00 ce matin, 7 décembre 2016, l’aéroport militaire de Mazzeh (Damas). Le raid n’a causé qu’un incendie mineur.

Environ tous les trois mois depuis le début de la tentative de renversement de la République arabe syrienne et de destruction du pays, Israël bombarde la Syrie. Habituellement, Tel-Aviv prétend viser des stocks d’armes qui, selon lui, s’apprêtent à être livrés au Hezbollah libanais pour le combattre. Cependant, il n’a fourni aucune excuse pour ses raids les plus récents.

De manière générale, l’armée israélienne est principalement intervenue comme appui aérien des jihadistes contre la Syrie.

Si Israël pénétrait au départ dans l’espace aérien syrien pour toucher ses cibles, il se contente aujourd’hui soit de tirer depuis son territoire, soit de tirer depuis des avions survolant illégalement le territoire libanais. En effet, la Fédération de Russie a placé des missiles anti-missiles S-300 à Lattaquié et en a offert d’autres à la Syrie. Ces missiles sont réputés pouvoir détruire tout aéronef.

  

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Le Mossad aux J.O

Le lobby juif :
La sécurité des Jeux olympiques est confiée
à un mercenaire israélien lié au Mossad

par Hicham HAMZA

 

                                              Un policier à Rio de Janeiro, le 30 juillet 2016

Les Jeux olympiques de Rio seront « sécurisés » par ISDS, compagnie israélienne présidée par Leo Gleser, vendeur d’armes et ex-agent du Mossad.

                                                                Brésil

Incroyable mais vrai : la protection des dizaines de milliers de spectateurs, athlètes et journalistes réunis -dès aujourd’hui [5 août 2016]- à Rio sera assurée par un barbouze lié au complexe militaro-industriel israélien.

   Le 31 juillet, le magazine économique Globes publiait un entretien avec Tom Fulman, PDG de la compagnie israélienne ISDS (International Security and Defence System) et bras droit de son président-fondateur Leo Gleser. Le jeune homme y affiche une cool attitude à propos de sa lourde responsabilité consistant à superviser la sécurité (made in Israel) d’un tel évènement planétaire. Le colossal budget alloué à l’entreprise : 2,2 milliards de dollars.

Leonardo Gleser

Qui est à l’origine de la sélection d’ISDS, annoncée en octobre 2014 ? L’antenne brésilienne du Comité international olympique. Et qui la dirige ? Le 19 juin, le quotidien israélien Haaretz osait titrer explicitement son article sur le sujet : « Le trio juif en charge de l’organisation des JO de Rio ». Reproduisant une dépêche de l’Agence télégraphique juive (JTA), le papier d’Haaretz nommait les trois responsables de Rio 2016 : Carlos Arthur Nuzman (président du Comité olympique brésilien), Sidney Levy (l’homme en charge du buget alloué à la compagnie ISDS) et Leonard Gryner (artisan de la communication). Dans son entretien avec le JTA, Nuzman n’hésite pas à rappeler son ancrage dans la branche conservatrice du judaïsme brésilien, le lobbying de l’ex-président israélien Shimon Peres en faveur d’ISDS et le rôle-clé de son père pour inviter les criminels de guerre David Ben Gourion et Golda Meir (ex-Premiers ministres d’Israël) dans son pays. Le JTA présente également Leo Gleser comme le « président d’ISDS et un ancien agent du Mossad ».

Carlos Arthur Nuzman


Sidney Levy


Pour en savoir plus sur ses connexions avec les services secrets israéliens, il faut se reporter au long portrait que lui a consacré Haaretz en 2006. Connu pour ses activités de barbouze-tortionnaire et de vendeur d’armes dans plusieurs ex-dictatures d’Amérique latine (notamment au Honduras), l’Israélo-Argentin Gleser y confesse notamment son recrutement -en 1965- par le Bitzur, une unité méconnue du Mossad en charge de la « protection » des juifs de la diaspora. Si l’homme prétend avoir décliné ensuite -afin de rejoindre la compagnie aérienne El Al- la proposition du Mossad de devenir un agent infiltré dans les pays arabes, il continue de toute évidence d’entretenir des rapports étroits avec le renseignement israélien comme le révèle son « sponsoring » -en 2010- d’un rassemblement organisé par des pontes des services secrets. En 2013, Gleser apparaissait dans « The Lab », documentaire israélien consacré au secteur de l’armement. À partir d’1h14 dans la vidéo ci-dessous, on peut ainsi l’observer, large sourire aux lèvres, se félicitant que la mystification israélo-américaine du 11 septembre 2001 ait provoqué ensuite un recours massif, à travers le monde, aux compagnies israéliennes de sécurité.

Vidéo : Documentaire choc Vendeurs de Guerre (The lab) en Français

https://www.youtube.com/watch?v=k9QXkn6vi-k

Détail à souligner : le 18 juillet 2016, une officine de propagande israélo-américaine, dénommée SITE et bien connue des lecteurs de Panamza pour son rôle trouble dans les derniers attentats en France, avait « révélé » -selon le Washington Post- la création d’un pseudo-groupe brésilien ayant prêté allégeance à Daesh. En clair : la dernière information d’une menace spécifique liée à Daesh et destinée à ensanglanter des Jeux olympiques sécurisés par une compagnie israélienne provient d’un groupe sous contrôle israélien.

Rappelons ici que le 16 novembre 2015, l’obscur Maxime Hauchard -médiatisé par la chaîne sous contrôle israélien BFM TV et présenté depuis par la presse française comme un simple « djihadiste normand »– aurait tacitement menacé les Jeux olympiques de Rio.

Maxime Hauchard


Enfin, notons que Miri Regev, ministre des Sports issue de l’extrême droite, a fait savoir qu’elle ne serait pas présente à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, ce vendredi [5 août 2016 au] soir (1h du matin, samedi, en France), en raison… du shabbat. L’argument a étonné en Israël : Regev n’est pas pratiquante.

Hicham HAMZA

Miri Regev


http://www.panamza.com/050816-jo-rio-mossad/

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Le Crash du MH-17

Cette enquête spéciale raconte l’histoire de la tragédie du Boeing malaisien en Ukraine en été 2014.

Un an après le crash Boeing de Malaysian Airlines dans l’Est de l’Ukraine, on ne sait toujours pas ce qui a provoqué cette catastrophe aérienne. La guerre civile qui avait lieu dans la zone a empêché les experts internationaux de conduire une enquête complète et minutieuse dans les heures qui ont suivi la tragédie. Les débris auraient dû être rassemblés et scrupuleusement répertoriés pour identifier tous les dégâts, mais cette procédure standard n’a jamais pu être complètement mise en œuvre. Sur la base des images des débris récoltés, des informations des enregistreurs de vol ou des boîtes noires et le récit des témoins oculaires, deux thèses s’affrontent : l’avion aurait été abattu par un missile antiaérien tiré depuis des territoires contrôles par les rebelles de la région de Donetsk ou par un avion de chasse de l’armée de l’air ukrainienne.

C’est assez extraordinaire que tout soit resté en l’état sans que personne n’y ait encore intervenu; et où sont les cadavres, voire ce qu’il peut en rester ?

Une vision particulière :

MH17: vers la vérité?

Plus le temps passe et plus les questions posées par le crash du vol MH17 se font pesantes. Désormais, le grand journaliste américain Robert Parry, l’homme qui révéla entre autres les opérations illégales de l’époque Reagan (la filière Iran-Contra), vient de publier sur le site de sa fondation [1] plusieurs articles importants, mettant en cause soit l’armée ukrainienne[2], soit un mystérieux « défecteur » de cette armée[3]. On peut donc tenter de reformuler précisément ces questions. Mais, pour cela, il faut commencer par savoir de quoi l’on parle.

1.    Qu’est-ce qui a causé le crash ?

L’hypothèse la plus fréquemment mentionnée fait référence à un missile SAM-11/17, appelé « Buk » en Russie. Il s’agit, dans la version M1 ou M2 d’un missile à autodirecteur radar semi-actif (SARH pour Semi-Active Radar Homing), doté d’une tête militaire de 70 kg dont 40 à 50 kg d’explosif. L’explosion du missile est déclenchée par une fusée de proximité. La destruction de la cible se fait par une combinaison d’onde de choc (d’autant plus violent que la densité de l’atmosphère est élevée) et d’éclats. Il faut ici noter que si cette arme est parfaitement mortelle contre un chasseur bombardier pesant de 25t à 35t, le Boeing 777 MR de la Malaysian Airlines en pesait 300t. Pour donner une échelle de comparaison, le bombardier stratégique B-52 ne pèse que 220t, et ce bombardier nécessitait pour être détruit, lors des raids sur Hanoï, des missiles SAM-2 dont la tête militaire pesait 200kg. Par ailleurs, ceci permet d’exclure le « Buk » comme responsable de la destruction d’un Antonov, volant à 6500m et 500 km/h. En effet, cet avion d’un poids de 25t aurait été complètement détruit par le missile, et son équipage tué.

D’autres sources, essentiellement russes, font référence à des missiles air-air. Ces missiles ont des têtes militaires allant de 7,5kg à 60 kg. On peut exclure les missiles légers. Une possibilité est le AA-10 « Amos » ou R-27, dont la charge fait approximativement 40kg. Ce missile est d’habitude tiré en paire. En ce qui concerne les missiles « lourds », le AA-12 (code russe R-77) apparaît comme un autre « coupable » potentiel. La charge de ce missile est comparable à celle d’un missile « Buk ».

Si un missile « Buk » est bien à l’origine de la catastrophe, ce missile a du exploser probablement en avant ou sur le côté, mais toujours vers l’avant, du Boeing 777. Le système de navigation proportionnelle du missile anticipe l’évolution de sa cible, et conduit le missile sur un cap de collision visant à anticiper des mouvements futurs. C’est une différence importante avec un missile à guidage infra-rouge qui, en général, suit la cible et la percute par l’arrière.

2.    Comment s’est passé le crash ?

La masse du MH17 excédait donc largement celle des avions militaires contre lesquels les missiles, tant sol-air que air-air ont été conçus. Mais nous avons un précédant, le cas de la destruction d’un Boeing 747 coréen en 1983 par les forces aériennes soviétiques (IA-PVO), le fameux vol KAL007.

Dans le cas de la destruction le 1er septembre 1983 d’un Boeing 747 de la compagnie Korean Air Lines (Vol KAL 007), l’avion fut détruit par un ou deux (et plus probablement deux) missiles air-air R-98 dotés de têtes de 40 kg. Mais, l’avion n’a pas éclaté mais a continué sur sa trajectoire, en perdition, pendant plusieurs minutes (au moins 4 minutes) avant de s’écraser. Compte tenu de la masse du Boeing 777 de la Malaysian Airlines (300 t contre 370t a 747 du vol KAL007) il est aussi probable que le missile n’a pu faire éclater en vol l’avion. A partir du précédent du Boeing 747 de la KAL, on peut penser, compte tenu de l’angle d’arrivée à portée de la fusée de proximité, que les dommages immédiats ont été le fait des éclats. Il est hautement probable que ces éclats ont largement touché le poste de pilotage, ce qui expliquerait la perte de contact immédiate avec le sol. D’autres dommages ont dû être provoqué par l’onde de choc, même si, à 10 000 m cette dernière est réduite. Ces dommages, plus ceux causés à la carlingue par les éclats ont pu provoquer des ruptures dans la structure de l’avion, ce qui expliquerait la répartition des débris sur une quinzaine de kilomètres. Mais, toujours en utilisant le précédent du KAL-007, il apparaît que ces dommages ont été progressifs. L’avion a pu continuer sur sa trajectoire pendant un certains temps avant de commencer à se démantibuler. Il n’a donc pas suivi une trajectoire parabolique comme celle d’une bombe, mais un mélange de trajectoire aérodynamique et de trajectoire parabolique. C’est sur la base de cette interprétation, qui m’a été confirmée par un spécialiste des structures des avions civiles, que j’ai estimé à 30km au minimum la distance entre l’impact du missile et son lieu d’écrasement. Je signale que le spécialiste postulait plutôt une distance de 40 à 45 km, et qu’un calcul fait par un blogueur russe indique au moins 30 km[4]. Ce blogueur signale aussi l’effet destructif des éclats, mais ne semble pas avoir fait le parallèle entre le cas du MH17 et celui du KAL007 en 1983.

Si le MH17 a été victime de missiles air-air, les dommages n’ont pas dû être très différents. Si les missiles tirés ont été des R-27 il est possible que les dégâts aient pu être plus importants. Si un R-77 a été tiré contre l’avion, la charge de ce dernier missile est très comparable à celle du « Buk ».

3.    Les scénarii

Le gouvernement américain soutient que c’est un missile sol-air, tiré depuis la zone sous le contrôle des insurgés, qui est responsable de cette catastrophe. Il prétend avoir des clichés par satellite. La batterie de missile serait venue de Russie quelques jours avant le tir. Mais, la distance entre le point probable d’impact du missile et celui de l’écrasement du MH17 rend cette hypothèse très peu probable. De plus, les opérateurs insurgés n’ont pu être mis au courant des procédures minimales pour tirer le missile en si peu de temps. Il faut plusieurs semaines pour former, même sommairement, des opérateurs. Certes, il est parfaitement possible que ces opérateurs aient été sommairement entraînés en Russie, mais cela implique un délai d’au moins 15 jours et plus probablement de 21 jours, et place la date de décision de livrer une batterie de SAM-17 aux insurgés vers le 25 juin, dernier délai. Ce n’est pas complètement impossible, mais rien, dans les combats qui avaient lieu à l’époque, ne justifiait la livraison de ce type de matériel. Nous sommes face à deux incohérences.

Robert Parry fait, quant à lui, mention d’une source à la CIA, qui lui aurait indiqué que le missile aurait été tiré par des soldats ukrainiens, loyaux a gouvernement de Kiev, qui auraient été en état d’ébriété au moment du tir :

« …the initial assessment was that the troops were Ukrainian soldiers. There also was the suggestion that the soldiers involved were undisciplined and possibly drunk, since the imagery showed what looked like beer bottles scattered around the site, the source said[5] »

Le Los Angeles Times de mardi 22 juillet signale la possibilité que : “U.S. intelligence agencies have so far been unable to determine the nationalities or identities of the crew that launched the missile. U.S. officials said it was possible the SA-11 [anti-aircraft missile] was launched by a defector from the Ukrainian military who was trained to use similar missile systems. [6]». Autrement dit, ce serait un « défecteur » de l’armée ukrainienne qui aurait tiré le missile, depuis une zone contrôlée par l’armée de Kiev. Notons que ceci résoudrait la contradiction sur la distance entre la zone d’impact du missile et la zone ou s’est écrasé le MH17

Par ailleurs, des rumeurs font état d’avions de combat ukrainiens qui auraient escorté le MH17, et on ne peut exclure que l’un d’entre eux l’ait abattu.

  1. 4.    Conclusion provisoire

En fait, on constate que le gouvernement américain, qui prétend détenir des preuves formelles de l’implication des insurgés, continue à ne pas vouloir le montrer. On est donc en présence d’une “politique de communication”  qui semble typique du gouvernement américain. A chaque fois, il y a proclamation de soi-disant preuves ou de faisant-fonction-de-preuves, mais sans aucune production de ces documents. Il est frappant que l’on ne les demande pas. Les médias, tant aux Etats-Unis que dans les pays de l’OTAN prennent ces déclarations pour argent comptant et ne se préoccupent pas un instant de leur vérification. Bien sur, de toutes les façons, la réponse serait très probablement que ces documents étant confidentiels, on ne peut les dévoiler pour ne pas exposer au public les méthodes et les moyens de fonctionnement de moyens secrets. Rappelons que telle fut la méthode adoptée par l’armée française lors de l’Affaire Dreyfus. Ces preuves, en réalité, devraient être confiées à une commission d’enquête internationale indépendante. Il est vrai que la crédibilité des autorités américaines est loin d’être parfaite depuis le mensonge proféré par Colin Powell en 2003 aux Nations Unies. Il est donc urgent que le gouvernement américain remette les photos dont il dispose, ainsi que les moyens de les vérifier à une commission d’enquête internationale indépendante.

En attendant, force est de constater que l’implication des insurgés ukrainiens apparaît comme plus que douteuse, et que l’on peut avoir de bonnes raisons de suspecter les autorités de Kiev. La campagne de presse contre la Russie apparaît bien aujourd’hui comme une obscénité nullement justifiée par des faits, et qui obéit en réalité à des objectifs politiques, et même géopolitiques, bien particulier des Etats-Unis et de leurs alliés.

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Le Struthof, la vérité en route ?

Le site officiel de l’ex-camp de concentration de Natzweiler-Struthof, en Alsace, contient une rubrique intitulée « La chambre à gaz » (1). L’existence de cette chambre à gaz est présentée comme un fait avéré. Quiconque conteste cette existence est passible d’une condamnation pénale.

Le bâtiment qui aurait abrité la prétendue chambre à gaz du Struthof

Sur le site officiel, on peut lire : « Au KL-Natzweiler, les déportés n’étaient pas gazés de manière systématique, ni à la suite de sélections de masse.

La chambre à gaz fut créée en 1943, par le commandant du camp, Josef Kramer, à la demande des professeurs de médecine nazis de l’Université du Reich à Strasbourg afin de procéder à des expériences médicales. La chambre à gaz fut aménagée dans une petite pièce de 9 m2 à l’intérieur de l’ancienne salle des fêtes de l’auberge du Struthof, réquisitionnée dès 1941 par les SS pour y loger les premiers déportés en provenance du KL-Sachsenhausen.

Josef Kramer

Du 14 au 21 août 1943, 86 déportés juifs provenant du camp d’Auschwitz y sont gazés ; leur corps devaient servir à établir une collection de squelettes pour le professeur August Hirt, directeur de l’Institut d’anatomie de l’Université du Reich de Strasbourg.

August Hirt


La chambre à gaz sera également utilisée par le professeur Otto BICKENBACH pour l’étude d’un traitement contre le gaz de combat phosgène (traitement à base d’urotropine). Des déportés, principalement tziganes, y servent de cobayes ».

Otto Bickenbach


Le 30 mai 2013, Robert Faurisson a publié un article intitulé : « Il est temps d’en finir avec la « chambre à gaz » du Struthof et ses 86 « gazés » (2). Robert Faurisson écrivait notamment : « Comme mainte rumeur de guerre celle-ci a connu des versions extraordinairement variables et contradictoires mais elle a fini par se fixer sous la forme suivante : en août 1943, Josef Kramer, le commandant de ce camp situé à 50 kilomètres de Strasbourg, y aurait, en personne (!), avec de l’acide cyanhydrique exécuté dans une petite chambre à gaz, en plusieurs fournées, un total de 86 juifs, envoyés spécialement d’Auschwitz à la demande du professeur August Hirt… désireux d’enrichir sa collection de squelettes à Strasbourg !

Robert Faurisson

Or voilà plus de soixante-six ans qu’un rapport d’expertise toxicologique signée du Dr René Fabre, doyen de la Faculté de pharmacie de Paris, a pourtant établi, dans des conclusions rendues le 1er décembre 1945, que ni ce local ni ces cadavres (ou restes de cadavres) ne présentaient de traces d’acide cyanhydrique ! Ainsi, à la date du 1er décembre 1945, la cause était-elle entendue et les conclusions parfaitement claires : il n’y avait, en réalité, pour confirmer la rumeur de ces assassinats, ni arme (une prétendue chambre à gaz d’exécution), ni victimes (86 prétendus gazés). La rumeur n’était donc qu’une rumeur. Or l’existence de ce rapport d’expertise est obstinément passée sous silence. De quel droit ? Et comment peut-on continuer d’écrire sur cette prétendue chambre à gaz homicide et ces prétendues victimes sans tenir le moindre compte dudit rapport et même en prenant la précaution de n’en jamais nommer l’auteur ?

René Fabre

Puisqu’en réalité le crime n’a pas été commis, deux mystères se dissipent d’un même coup. Jusque là, en effet, on se demandait par quel mystère, à la fin de 1944, décidant d’abandonner le camp du Struthof, les Allemands n’avaient pas pris le soin de faire disparaître l’arme du crime et par quel autre mystère, à Strasbourg, le Dr Hirt avait pu laisser sur place les cadavres de ses victimes. La clé de ces deux « mystères » réside, on le voit grâce à l’expertise Fabre, dans le fait que cette arme prodigieuse et ces victimes d’un crime abominable n’ont tout simplement pas existé. Cette expertise nous explique également un troisième mystère : le fait qu’après la guerre, lors des procès dits des médecins du Struthof (à Metz en 1952 et à Lyon en 1954), les tribunaux français n’ont –apparemment– pas condamné cette « horreur nazie » qui, si elle s’était vraiment produite, aurait été le crime majeur du Struthof. Il me faut dire « apparemment » parce que, n’ayant pu, malgré ma demande écrite, avoir accès aux dossiers mêmes des procès, j’ai dû me limiter 1) d’abord aux comptes rendus de presse de ces procès, 2) puis aux dires de trois avocats consultés (dont Me Albert Naud et Me Raymond Geouffre de la Pradelle) et, enfin, 3) aux ouvrages portant sur le Struthof. En revanche, j’ai pu avoir accès, dans des circonstances que j’exposerai ci-dessous, à certains épais dossiers de la Gendarmerie et de la Justice militaire concernant ce camp. Et là, le 27 mars 1980, j’ai fait, en la présence de trois personnes qui m’accompagnaient dans mon enquête, une double découverte : 1) un document signé de deux professeurs de médecine (Piédelièvre et Simonin) et d’un médecin (Fourcade) attestait de l’existence et des conclusions négatives de l’expertise Fabre ; 2) en revanche, l’expertise Fabre elle-même allait rester INTROUVABLE dans l’intégralité des dossiers consultables. […]En avril 2013, le serpent de mer (en jargon de presse, « le marronnier ») a fait sa réapparition. A cette occasion, c’est avec empressement que la presse française a tenté de nous resservir la rumeur du Struthof. C’est ainsi que, dans son supplément « Télévisions » (28-29 avril 2013, p. 9), Le Monde en est venu à publier un article signé de Jean-Baptiste de Montvalon pour nous annoncer que, le lundi 29 avril, France 3 diffuserait un documentaire de 55 minutes : « Au nom de la race et de la science / Quand les nazis voulaient garder trace des juifs qu’ils exterminaient » : tels étaient le titre et le sous-titre de l’article dont voici un extrait :« Une mission est envoyée [en 1943] à Auschwitz pour y choisir 115 personnes. Leurs caractéristiques sont adressées à Hirt, qui en retient 87. Parce que des cadavres risqueraient d’être endommagés lors du transport, les juifs sont convoyés jusqu’au bloc 13 du camp du Struthof, en Alsace. Afin de leur rendre une apparence physique convenable, ils y sont correctement nourris. Pendant ce temps une petite chambre à gaz est aménagée dans une ancienne salle des fêtes, située à 800 mètres de là. Un soir d’août 1943, tous y sont conduits, en quatre groupes distincts. Une femme se révolte, elle est abattue ; son corps sera écarté de la « collection ». Le 1er décembre 1944, ce sont donc 86 corps –16 cadavres restés entiers, les autres mutilés et méconnaissables– qui sont découverts par les Alliés dans des cuves d’alcool au sous-sol de l’Institut d’anatomie de l’université du Reich de Strasbourg. Pour des raisons restées mystérieuses, Hirt n’a rien fait de sa « collection » une fois qu’elle fut constituée. Sauf tenter de maquiller le crime, pour ensuite le nier ».En 1979, la LICA (LICRA), à laquelle allaient se joindre huit autres associations, m’avait intenté un vaste procès pour un « dommage à autrui » causé, disait-elle, « par falsification de l’histoire » parce que, dans Le Monde et ailleurs, j’avais conclu à l’époque, au terme d’une longue et méticuleuse enquête, que les prétendues chambres à gaz hitlériennes (au Struthof ou ailleurs) et le prétendu génocide des juifs formaient un seul et même mensonge historique. On n’imagine plus aujourd’hui combien cette conclusion avait pu indigner même des historiens chevronnés ; les temps ont changé et, notamment grâce à Internet, il y a « de l’eau dans le gaz » et « du mou dans la corde à nœuds ». La LIC[R]A était partie à la bataille flamberge au vent et sûre de sa victoire. Il lui avait vite fallu déchanter. Deux avocats juifs, dont Robert Badinter, étaient revenus quasiment bredouilles d’une mission en Pologne et en Israël où ils étaient allés chercher des preuves de l’existence de chambres à gaz nazies : abondantes en quantité, les pièces collectées se révélaient d’une si mauvaise qualité qu’elles allaient, en décembre 1982, faire publiquement, devant la première chambre de la cour d’appel de Paris, section A, le désespoir de Me Bernard Jouanneau, le coryphée de la LIC[R]A. Décidant d’une initiative qui allait se retourner contre eux, mes adversaires avaient alors demandé aux autorités compétentes le droit d’accéder aux pièces judiciaires relatives au camp du Struthof et détenues au Blanc (Indre) par la Direction de la Gendarmerie et de la Justice militaire. Ils en ignoraient le contenu mais comptaient sur la Providence pour leur faire découvrir dans un monceau de documents la preuve qu’au moins au Struthof il avait existé et fonctionné une chambre à gaz nazie. L’accès à ces documents leur fut accordé et, par voie de conséquence, il nous fut également accordé. Au Palais de justice de Paris, du 27 mars au 5 juin 1980, en huit longues séances de consultation, sous la surveillance, passablement relâchée, d’une fonctionnaire, nous eûmes la possibilité, Me Eric Delcroix, moi-même et deux autres personnes nous accompagnant, de découvrir un certain nombre de pièces qui allaient nettement renforcer les conclusions révisionnistes. Les photocopies étant interdites, il nous fallut prendre des notes. Dès le premier jour et dès mon examen du premier dossier, je tombai sur ce que nous allions appeler entre nous « le pot aux roses » et qui n’était autre que la double conclusion du rapport Fabre. Comme nous allions malheureusement le constater par la suite, le texte du rapport resterait, jusqu’au bout, introuvable. Sa disparition était-elle ancienne ou récente ? Ce singulier et précieux rapport avait-il, comme par hasard, disparu l’avant-veille de notre propre première consultation, c’est-à-dire le 25 mars 1980, jour où Georges Wellers, pour le compte de la LIC[R]A, s’était vu accorder le privilège d’ouvrir la série des consultations ?

Georges Wellers

Toujours est-il que nous disposions heureusement là de la preuve circonstanciée que René Fabre avait conclu son enquête de manière doublement négative. Le même carton n° 1 contenait, en effet, un « Document 96/B » consistant en un « rapport d’expertise » des Professeurs et Docteurs Piédelièvre (Paris) et Simonin (Strasbourg) ainsi que du Docteur Fourcade (Strasbourg). Ce rapport concernait 1) au Struthof, la « chambre à gaz » que, curieusement, les Allemands n’avaient pas pris la peine de détruire ; 2) à l’Hôpital civil de Strasbourg, les cadavres ou restes de cadavres que, non moins curieusement, les Allemands n’avaient pas pris le soin de faire disparaître. Pourtant, l’évacuation du camp ne s’était pas faite dans la précipitation : elle avait commencé au début de 1944 et les Américains n’étaient arrivés que le 25 novembre ; pour ne prendre que son exemple, le professeur Hirt, comme normalement en temps de guerre, avait fait détruire des documents par sa secrétaire avant de quitter la place (Steegmann, 2009, p. 327). Dans leur rapport les trois experts (qui n’étaient pas des toxicologues et que décevaient les conclusions du prestigieux toxicologue R. Fabre) écrivaient :« Recherches toxicologiques. Inventaire des bocaux adressés à l’expert toxicologue, M. le Professeur FABRE de la Faculté de Pharmacie de Paris. Bocaux W. Produit de raclage du mur extérieur de la chambre à gaz, autour de la cheminée. Bocaux X. Plâtras provenant de la cheminée extérieure de la chambre à gaz au moment de son enlèvement (p. 52). Recherches toxicologiques. Les prélèvements de sang, de viscères faits au cours des autopsies ont donné lieu, de la part du professeur FABRE, à des recherches toxicologiques. De son rapport, daté du 1er décembre 1945, nous reproduisons les conclusions : « Dans les viscères conservés dans le liquide conservateur (alcool + formol) et remis aux fins d’analyse, il n’a pas été décelé de toxiques volatils, et particulièrement d’acide cyanhydrique ». Il convient de rappeler que ce toxique n’aurait pu, d’après les essais préliminaires, être décelé que s’il avait été présent à une dose supérieure à 6 milligrammes dans la prise d’essais (p. 61). [Donnant ensuite leur opinion, les trois médecins ajoutaient en guise de commentaire :] Les conclusions négatives du rapport d’expertise du professeur FABRE ne s’inscrivent pas en faux contre la possibilité et même la grande probabilité de l’intoxication par l’acide cyanhydrique » (p. 67).Notons que cette dernière affirmation, où il n’était question que de « possibilité » ou de « grande probabilité » et non de « certitude », ne faisait l’objet d’aucune ébauche de justification de la part des trois médecins. […]La Faculté de pharmacie de Paris compte depuis longtemps une salle qui porte le nom de René Fabre (1889-1966) et qu’orne un buste de l’honorable doyen mais, dans le répertoire des œuvres de ce dernier, consultable à la Bibliothèque interuniversitaire de pharmacie, 4, avenue de l’Observatoire à Paris (VIe), le texte de son rapport d’expertise est absent. De ce rapport il a dû exister plus d’un exemplaire. Aujourd’hui que ressurgit l’affaire du Struthof, il convient plus que jamais d’entreprendre des recherches pour retrouver un exemplaire du rapport disparu. Je mesure la gravité du dilemme devant lequel vont se trouver les historiens qui ont jusqu’ici soutenu la thèse officielle et j’imagine la confusion des associations et des autorités qui ont demandé ou décidé l’inscription de la chambre à gaz du Struthof sur la liste des monuments historiques. Mais on ne peut persister dans un mensonge qui, avec l’arrivée d’une troisième génération, devient de plus en plus fragile. De 1941 à 1944, le Struthof a été le témoin des souffrances des uns, puis, de 1945 à 1948, le témoin des souffrances des autres (appelés « collabos »). Ramené à son authenticité il constitue un emblème, parmi tant d’autres, des vraies horreurs et des vraies souffrances de la guerre et de la guerre civile. Voilà qui devrait suffire.Quant à R. Steegman, qui écrivait au sujet de son ouvrage de 2009 : « Ce livre est le résultat d’un travail long de près de vingt années » (p. 375) et qui manifestement connaît toutes les pièces du dossier, on aimerait qu’il accepte de répondre aux questions suivantes :1) Pourquoi avoir totalement passé sous silence l’existence du rapport Fabre et de ses conclusions négatives ?2) Pourquoi avoir mentionné les médecins Piédelièvre, Simonin et Fourcade mais non ce qu’ils ont dit du rapport Fabre (Steegmann, 2005, p. 313-316, ainsi que les notes 1261 à 1264, situées aux pages 479-480) ?3) Pourquoi avoir mentionné, de Jean-Claude Pressac, The Struthof Album (New York, The Beate Klarsfeld Foundation, 1985) sans révéler le contenu des passages dévastateurs où Pressac, sans pour autant nommer René Fabre, cite les conclusions de ce dernier en paraissant les approuver quand il écrit « toxicological testing was negative » (p. 12), « toxicological analyses, which seem to have yielded negative results » ou « the toxicological examination for cyanides did not yield any positive results » (p. 41) ?4) Pourquoi n’avoir pas signalé la mise en capilotade par le même J.-C. Pressac de certains « témoignages » dont celui du prétendu gazeur Josef Kramer, ancien libraire, en particulier aux pages 5, 9, 29, 30-36 de son livre, où l’on peut lire, sous la plume de l’auteur, une conclusion révisionniste jusque dans sa formulation : « he would have ended up gassing himself » ([si ce qu’il dit était vrai,] il aurait fini par se gazer lui-même » (p. 5) ?5) Pourquoi, dans les deux ouvrages de 2005 et de 2009, n’avoir jamais donné la moindre représentation physique de la « chambre à gaz du Struthof » ?6) Pourquoi n’avoir pas publié l’intégralité de la lettre où le professeur Auguste Hirt, mis en cause par le Daily Mail de Londres le 3 (et le 6) janvier 1945, a rédigé, de Tübingen, une longue et ferme « Prise de position » (Stellungnahme) en trois points commençant par : « Ce reportage [du Daily Mail] est un typique conte imaginaire d’atrocités » (ein typisches Greuelmärchen) ?7) Pourquoi, au lieu de nous reproduire ce texte (ce qui, pour une fois, aurait permis d’accorder la parole à un perpétuel accusé), s’être contenté de nous en indiquer la référence et de nous en résumer quelques fragments sur le ton du persiflage (en particulier, 2009, p. 337) ? Au sujet de Hirt on lit : « Très affecté par la disparition de sa femme et de son fils, morts dans le bombardement de Strasbourg, le 25 septembre 1944, il se suicide le 2 juin 1945 à Schönenbach en Forêt Noire (actuellement Schluschsee) » (p. 338) ; pourquoi cette seule note humaine (où, soit dit en passant, est évoquée l’atrocité –vraie, celle-là– du bombardement systématique des populations civiles par les Anglo-Américains), est-elle couverte par de faciles outrages adressés à la mémoire de l’homme qui s’est tué de désespoir : « vaniteux », « orgueilleux », « obséquieux », « monstrueu[x] », « criminel » ?

Robert Steegmann

R. Steegmann a eu le mérite de corriger les formidables exagérations colportées par certains historiens du Struthof et par Henri Amouroux, donnant à croire que la minuscule « chambre à gaz » de ce camp avait servi à des tueries massives et régulières. Dans les années 1970, alors que fleurissaient encore les récits les plus échevelés sur « la barbarie nazie », on accueillait favorablement l’ouvrage d’Henry Allainmat, mentionné par R. Steegmann et intitulé, de manière significative, Auschwitz en France / La vérité sur le seul camp d’extermination nazi en France, Presses de la Cité, 1974, 249 p. Or R. Steegman, révisant et rectifiant ce point de vue, est amené à conclure :« Pour considérable qu’elle soit, surtout en cinq années, la mortalité, malgré la présence d’une chambre à gaz, ne peut faire de Natzweiler [ou du Struthof] un camp d’extermination. L’expression est pourtant récurrente depuis 1945, perpét[u]ée par les témoignages et les récits des rescapés. Cruel dilemme entre histoire et mémoire ! Le débat n’a pas lieu d’être. Car, si extermination il y a eu, elle a été perçue et vécue comme telle par les effets du travail, de l’usure, du non-respect des droits les plus élémentaires de l’homme, mais elle ne résultait pas de la mise à mort planifiée et systématique de groupes entiers » (2009, p. 308-309).Malheureusement R. Steegmann en est parfois resté, comme on l’a vu, au langage vengeur des années 1950 et aux simplifications outrancières des historiens de l’époque. Citant un passage du livre de François Bayle paru en 1955 sous le titre de Croix gammée contre caducée, il fait sienne la conclusion suivante sur l’affaire Hirt (j’en mets certains mots en gras) : « Ainsi l’idée monstrueuse d’un seul criminel [Hirt], confiée à un grand débile bien placé [Brandt] et à un démoniaque violent [Sievers], rationnée par un chef cruel, borné, curieux et insensible [Himmler], fut réalisée par les soins d’une brute disciplinée [Kramer] » (2009, p. 338).On peut concevoir que, pour des raisons d’ordre personnel, la haine que nourrit R. Steegmann à l’endroit du national-socialisme le conduise à approuver chez F. Bayle de tels excès de pensée et de langage mais notre historien serait bien inspiré d’aller voir de près ces écrits révisionnistes qu’il n’a fort probablement pas lus et qu’il se contente d’appeler « l’abjecte production des négationnistes » (2009, p. 329). Il y puiserait un nombre considérable d’enseignements sur la façon de mener une enquête historique autrement que comme le font ceux que j’appelle les « historiens de papier », lesquels se soucient trop peu de la matérialité des faits, en particulier quand il s’agit d’étudier un crime. Il s’y verrait remettre en mémoire qu’il faut établir les faits avant de les commenter et qu’il sied avant tout d’être concret, terre-à-terre et matérialiste comme le sont en principe un spécialiste de la police technique (sur la scène d’un crime) et un spécialiste de la police scientifique (en laboratoire). Il apprendrait également à lire de plus près les documents et, dans le cas présent, parmi d’autres, les « aveux » du SS Kramer dans leurs différentes versions, qui sont absurdes et inconciliables. Peut-être prendrait-il aussi en considération les fermes dénégations d’Allemands interrogés par la Justice française au sujet à la fois de la chambre à gaz prétendument homicide et du prétendu gazage des 86 juifs. Il prêterait plus d’attention aux témoignages selon lesquels cette misérable chambre à gaz, si élémentaire, si bricolée, avec ses joints de « feutre » (!), avait été en réalité utilisée pour l’inoffensif entraînement des recrues au port du masque à gaz (avec passage en atmosphère simplement viciée) quand ce n’était pas aux recherches du Dr Bickenbach sur l’urotropine ou tel autre antidote destiné aux malheureuses victimes des bombardements au phosphore ou du typhus. Dans mes écrits, il apprendrait que, durant l’été 1943, les autorités du camp en étaient encore à envisager l’installation d’une simple chambre à gaz de désinfestation et que le plan de construction qu’ils avaient soumis à Berlin et à Francfort leur avait été retourné avec des observations désobligeantes sur le peu de sérieux de leur projet (lettre de l’entreprise de désinfestation Heerdt-Lingler du 3 septembre 1943). A ce compte on se demande comment, peu auparavant, Kramer, libraire de profession dans la vie civile, avait pu, muni de quelques conseils, s’improviser maître en chambre à gaz homicide au point d’accumuler quatre exécutions de groupes humains totalisant 86 victimes et cela avec un matériel et une technique qui auraient normalement dû provoquer une série de catastrophes aussi bien pour l’exécutant que pour l’entourage proche et lointain. […]R. Steegmann répète souvent que l’historien n’est ni juge, ni accusateur mais le malheur veut que, d’un bout à l’autre des ses deux principaux ouvrages sur le Struthof, il ait adopté le langage d’un juge-accusateur trop peu soucieux de dire « la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ». Il a surtout caché à son lecteur l’existence et le contenu d’une expertise scientifique de première importance et il a ignoré trop de faits d’ordre essentiellement matériel qui, à eux seuls, suffisaient à convaincre que le récit des prétendus gazages homicides du Struthof ne pouvait être qu’une imposture. […]Enfin, pour en revenir au cœur de notre sujet, la chambre à gaz du Struthof, il convient de savoir qu’au procès de Metz, selon un journal, le capitaine Henriez, substitut du commissaire du gouvernement, aurait pour sa part déclaré : « Je ne puis apporter la preuve qu’il y a eu des morts par empoisonnement au Struthof » (Dernières Nouvelles d’Alsace, 18 décembre 1952, p. 15).Dans le livre « De Gaulle ou l’éternel défi » de Jean Lacouture et Roland Mehl, on peut lire le récit par Pierre Sudreau d’une visite de Charles de Gaulle au camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Il n’y est nullement question de l’existence d’une chambre à gaz.Pierre Sudreau : […] « J’ai également été le témoin de son [Charles de Gaulle] émotion quand je l’ai accompagné avec Edmond Michelet à l’inauguration du monument au camp, à l’horrible camp de Struthof, qui se trouvait dans les Vosges. C’était un camp destiné à briser les prisonniers français. En quinze jours, trois semaines, on brisait les résistants : on les faisait courir dix heures autour d’une pièce d’eau, sous le fouet, par exemple. Les quelques survivants n’ont rien épargné, dans leurs récits, des sévices qu’ils avaient subis, et j’ai vu l’émotion du Général quand il est sorti du crématoire, une émotion extraordinaire qu’il ne parvenait pas à cacher » (3). […]Dans ses Mémoires de guerre, à aucun moment Charles de Gaulle ne mentionne un génocide des juifs ou l’utilisation par les Allemands de chambres à gaz homicides (4). Ces allégations ne sont pas davantage mentionnées dans les mémoires de Winston Churchill (5) ou de Dwight Eisenhower (6). Tous les trois savaient ces allégations dénuées de fondement.

Charles de Gaulle au camp de concentration de Natzweiler-Struthof

Notes :(1) http://www.struthof.fr/fr/le-kl-natzweiler/introduction-a-lhistoire-du-camp/la-chambre-a-gaz/(2) http://robertfaurisson.blogspot.ch/2013/05/il-est-temps-den-finir-avec-la-chambre.html(3) De Gaulle ou l’éternel défi, Seuil, 1988, page 87.(4) http://www.interet-general.info/spip.php?article17389(5) http://www.interet-general.info/spip.php?article17140(6) http://www.interet-general.info/spip.php?article17278

AUTEURS

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NDL : Dans les années 58/59, mes Parents nous avaient emmenés deux de mes frères et moi à visiter ce camp. Le préposé aux visites nous avaient raconté que des cages grillagées en métal et pas très hautes enfermaient les plus récalcitrants, un peu comme Louis XI le faisait avec ses prisonniers – selon la légende – Puis, il nous dirigea vers un réduit assez long constitué de larges bacs de pierre où les Allemands récoltaient les bagues, alliances et dents en or, tandis que ces derniers affirmaient que « c’était juste pour cuire la choucroute » Il y avait tout en haut des murs des tuyaux d’eau dont l’agencement était remarquable, d’après un de mes frères qui connaissait cette partie. Après d’autres visites, sans grand intérêt, ce préposé nous annonça que, profitant de la déclivité du terrain, un prisonnier, à l’aide d’une perche taillée dans le bois – on a jamais su comment il avait trouvé cette branche et comment il a pu la former – a pris son élan et a passé par dessus les grillages qui se trouvaient un plus loin, en bas, tout ça, au vu et au su de tous les gardiens… Mon père, très sportif, se grattait le tête, mon frère bougonnant : « il nous prend pour des cons. »

Quant à  » la chambre à gaz » que l’on voyait un peu plus haut, tout était fermé, et aucune information la dessus.

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Qui est l'ennemi, M. Hollande ?

Constitutionnaliser l’état d’urgence : quel enjeu ?

 

par Jean-Claude Paye, via Le Réseau Voltaire

Après avoir annoncé, lors de son entretien télévision du 14 juillet, la prochaine levée de l’état d’urgence, le président François Hollande se contredisant l’a prolongée le lendemain de trois mois. Certes sur le court terme, il réagissait à un attentat commis à Nice, mais sur le long terme, il avançait un peu plus dans la transformation de l’État. Contrairement aux apparences, l’enjeu n’est pas de lutter contre le terrorisme, mais de passer d’un pouvoir issu du Peuple et placé sous son contrôle à un pouvoir discrétionnaire agissant pour le compte et au service des États-Unis.

Première partie : « Procédure d’exception sans état d’urgence », 26 mars 2016.
Deuxième partie : « État d’exception avec état d’urgence », 18 mai 2016.

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Pour François Hollande, la lutte contre le terrorisme est une opportunité
pour transformer l’État.

Avant que le président François Hollande en annonce l’abandon, le « Projet de loi constitutionnelle de protection de la nation » [1], voulait introduire deux modifications dans la Constitution : l’insertion d’un article 36-1 relatif à l’état d’urgence et une modification de l’article 34, y insérant une possibilité de déchéance de la nationalité de Français condamnés pour terrorisme.

De par l’inscription de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité, la Constitution est renversée. Elle n’enregistre plus des droits, mais leur abolition. Elle ne pose plus de garde-fous au pouvoir, mais devient l’expression de sa toute puissance. Si la volonté d’introduire l’état d’urgence dans la Constitution s’inscrit bien dans un contexte de démantèlement de l’État de droit, elle ne se résume pas à cette action. Elle nous renseigne sur la forme actuelle de l’État national et plus précisément sur celle de la France. La constitutionnalisation de l’état d’urgence est le symptôme d’une forme d’organisation politique qui inscrit, dans la Constitution, son renoncement à tout un pan de la souveraineté nationale. En effet, l’insertion, de l’état d’urgence et du démantèlement des libertés dans le texte fondamental, témoigne de l’abandon de toute autonomie de la politique intérieure vis-à-vis de l’ordre international de « la lutte contre le terrorisme. »

La double inscription constitutionnelle, à la fois de sa subordination vis-à-vis de la première puissance mondiale et de l’exercice d’un pouvoir sans limite sur ses propres populations, témoigne des deux faces actuelles de l’État national.

Un « régime civil de crise »

Le projet de loi constitutionnelle, déposé à l’Assemblée nationale le 23 décembre 2015, prévoyait d’ajouter à la Constitution un article 36-1 sur l’état d’urgence. Il aurait été placé aux côtés de l’article 36 qui organise « l’état de siège » et répond à une crise grave, guerre ou insurrection armée. L’État de siège permet le transfert des pouvoirs civils de police à l’armée, ainsi que la création de juridictions militaires.

Le texte fondamental contient également l’article 16 qui permet au président de la République de s’octroyer des « pouvoirs exceptionnels », lorsqu’une menace « grave et immédiate » pèse sur « les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux ». Il n’a connu qu’une seule mise en application, pendant la guerre d’Algérie, lors du « putsch des généraux ». Les pleins pouvoirs avaient alors été accordés au président De Gaulle, de fin avril à fin septembre 1961.

Le président Hollande a déploré que ces deux articles ne soient pas « adaptés à la situation que nous rencontrons », contexte qu’il qualifie de « terrorisme de guerre ». Puisque « le fonctionnement régulier des pouvoirs publics n’est pas interrompu et il n’est pas concevable de transférer à l’autorité militaire des pouvoirs » [2], l’état de siège ne peut être appliqué, de même les pleins pouvoirs, par nature temporaires, ne peuvent répondre à une guerre de longue durée contre le terrorisme. Dès lors, afin d’agir « contre le terrorisme de guerre » [3], il estime nécessaire d’instaurer un « régime civil de crise » et de l’inscrire dans la Constitution.

Cet « autre régime constitutionnel » produit une mutation politique. Les pouvoirs d’exception sont habituellement nommés comme tels parce qu’ils sont censés n’être que rarement utilisés et qu’ils sont exorbitants. Cela ne serait plus le cas dans « un régime civil de crise » où ils feraient partie de la quotidienneté. Alors, les nouvelles prérogatives ne peuvent plus véritablement être considérées comme des pouvoirs d’exception, en ce sens qu’elles font partie du régime mis en place par le texte fondamental.

Un contexte de démantèlement de l’État de droit

La volonté de placer dans la Constitution le dispositif de l’état d’urgence ne répond pas, comme l’affirme le gouvernement, à un souci de sécurité juridique. La jurisprudence du Conseil d’État, comme celle du Conseil constitutionnel ou de la Cour européenne des droits de l’Homme, ont parfaitement validé les mesures de l’état d’urgence, telles que prévues dans la loi de 1955.

Le projet présidentiel d’introduire l’état d’urgence dans la Constitution est étroitement lié à la loi du 20 décembre 2015 qui l’a prolongé pour trois mois. Il est aussi en relation avec la loi de réforme pénale « renforçant la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, » promulguée le 3 juin 2016. Celle-ci installe, dans la norme, des procédures faisant normalement partie de l’état d’exception, telles les perquisitions de nuit et des assignations à résidence. La loi du 20 décembre 2015, quant à elle, ne se contente pas de prolonger l’état d’urgence, mais étend considérablement son champ d’application.

Ces deux législations et le dernier projet de loi forment un ensemble cohérent qui, en installant un état d’urgence permanent, a pour objet de s’attaquer frontalement aux libertés privées et publiques. En effet, le projet présidentiel supprime toute sécurité juridique. Il a pour objet, non seulement de constitutionnaliser l’état d’urgence, mais surtout de permettre, dans ce cadre, de nouvelles atteintes aux libertés. En effet, il « gravait dans le marbre », non seulement le principe de l’état d’urgence et ses applications déjà connues, mais surtout la possibilité pour le législateur d’installer, en permanence, de nouvelles dispositions. Ainsi, il offrait la faculté de « renouveler » les « outils » que les « forces de sécurité » pourront utiliser, en violation des droits et libertés. L’État de droit serait démantelé, puisque les règles ne seraient plus fixes et prédéterminées, mais changeraient en permanence selon la lecture subjective que le pouvoir fait de l’évolution des évènements (le danger persistant du terrorisme), ainsi que le choix, libéré de tout contrôle, des mesures annoncées pour y faire face.

Inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution

Dans la première mouture du « projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation », présenté le 23 décembre au conseil des ministres, l’extension de la déchéance de nationalité concerne tous les binationaux, même ceux qui sont nés Français. Selon les opposants, ce texte gravait dans le marbre deux classes de citoyens, les binationaux et ceux qui n’ont que la nationalité française. Le Premier ministre, Manuel Valls propose alors une nouvelle rédaction qui inscrit que la déchéance peut concerner tous les citoyens. À l’Assemblée nationale, une majorité socialiste finit par adopter cette version. Au Sénat, une majorité de droite réintroduit la déchéance pour les binationaux et adopte le nouveau texte le 22 mars 2016. La synthèse devient impossible [4]. Le 30 mars, le président de la République annonce l’abandon du projet de loi.

Cette communication a surpris, dans la mesure où la constitutionnalisation de l’état d’urgence avait été acceptée par une grande majorité des parlementaires, majorité et opposition confondues. Le renoncement à la réforme est uniquement motivé par l’absence d’accord relatif au retrait de la nationalité. La focalisation du gouvernement sur cette question peut sembler étrange, puisque la déchéance de nationalité existe déjà dans le système judiciaire français et que cette procédure a été appliquée à de nombreuses reprises.

Ainsi, entre 1949 et 1967, environ 523 déchéances de personnes de nationalité française ont été prononcées, parmi lesquelles on trouve « de nombreux Français de naissance » [5]

Elle est d’abord prévue par les articles 25 et 25-1 du Code civil [6] et peut être prononcée lorsque la personne a été condamnée pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme. Elle ne concerne que les binationaux qui ont acquis la nationalité. Cependant, comme la très grande majorité des intervenants l’a oublié, la déchéance de nationalité peut également être appliquée, grâce aux articles 23-7 [7] et 23-8 [8], aux binationaux nés Français.

Cela infirme les justifications, tant du gouvernement que du Conseil d’État, quant aux raisons avancées pour justifier l’introduction de la déchéance de nationalité dans le texte fondamental, eu égard au risque d’inconstitutionnalité qui pèserait sur une loi ordinaire, alors que les législations existantes produisant le même résultat, n’ont jamais été remises en cause par le Conseil constitutionnel. Cependant, la constitutionnalisation de la déchéance sort la nationalité du droit civil, pour en faire un domaine législatif particulier. La personne juridique est dissociée, la jouissance de la nationalité se détache de sa propriété. Le citoyen peut jouir de sa nationalité à condition qu’il en fasse bon usage, une utilisation encadrée par le gouvernement.

L’enjeu de l’inscription de la déchéance dans la Constitution

Le débat sur le projet de loi s’est focalisé sur la déchéance de nationalité car cette question fait immédiatement penser aux lois du régime de Vichy. Dans ce cadre, 15 154 personnes ont été touchées dont près de 45 % étaient juives. La référence aux lois de Vichy est d’autant plus pertinente que la déchéance de nationalité pourrait également prendre actuellement un caractère de masse, à travers l’extension prévue de ses conditions d’application, telle qu’elle résulte des réécritures successives du projet. Dans sa dernière mouture, la déchéance pouvait être prononcée, non seulement pour des crimes de terrorisme, mais aussi pour des délits. Ainsi, la déchéance aurait pu être prononcée à l’encontre d’un Français condamné pour « apologie du terrorisme. »

Selon le quotidien Le Monde, le ministère de la Justice a recensé 255 affaires d’apologie du terrorisme durant le mois qui a suivi les attentats de novembre 2015. Les chiffres sont semblables pour le mois de janvier 2016. Il s’agit d’apologies qui n’en sont pas. Parmi nombre de cas jugés, la frontière est en effet ténue avec la provocation à l’égard des forces de l’ordre. Ces affaires ont été expédiées en comparutions immédiates.

Par exemples, le 2 décembre 2015, à Lunel (Hérault), un multirécidiviste sortant ivre de boîte de nuit a écopé d’un an ferme, pour un vol de portable, insultes et pour avoir crié « je suis Salah Abdeslam, ainsi que « vive Daech », devant des commerçants médusés. Aux abords de la gare de Lille-Flandres lors d’un contrôle d’identité, le 17 novembre 2015, un homme, ivre menace de « tout faire péter » et dit que « François Hollande n’aurait pas dû bombarder la Syrie » : deux mois ferme [9].

L’apologie consiste à justifier le terrorisme, à le présenter sous un jour favorable ou à l’encourager. Cependant, grâce à la nouvelle loi, des journalistes ou citoyens pourraient être poursuivis, pour avoir, par exemple, partagé une vidéo, mise en ligne par une organisation désignée comme terroriste ou donné la parole à des membres de réseaux politiquement diabolisés. Ainsi, cette incrimination permettrait de condamner et accessoirement de retirer sa nationalité, à des opposants à la politique étrangère de la France en Syrie, Libye ou Palestine.

On se retrouve alors dans une situation qui fait penser à la France de Vichy et la loi du 23 juillet 1940 qui prévoyait la déchéance de la nationalité pour les Français engagés auprès du Général De Gaulle.

Deux aspects complémentaires de la souveraineté

Le président Hollande abandonne provisoirement la constitutionnalisation de l’état d’urgence, une réforme importante déjà envisagée par le Comité Balladur en 2007, suite à une absence d’accord sur les modalités de la déchéance de nationalité. Lier étroitement les deux choses pourrait surprendre. Cependant, la constitutionnalisation de l’état d’urgence et l’inscription de la déchéance de nationalité dans le texte fondamental se réfèrent à deux aspects indissociables de la souveraineté, d’une part, sa réalité effective, l’exclusivité de la décision politique, et d’autre part, son existence symbolique, la « souveraineté du peuple » [10].

Constitutionnaliser l’état d’urgence, enregistrer dans le texte fondamental, ce que François Hollande nomme un « régime civil de crise », consacre un abandon de souveraineté. En effet, est souverain celui qui décide d’une situation exceptionnelle. Comme l’a développé Carl Schmitt, « c’est l’exception, là où la décision se sépare de la norme juridique qui révèle mieux l’autorité de l’État » [11]. Si les pouvoirs exceptionnels sont inscrits dans la Constitution, ils échappent alors à la décision politique proprement dite, car ils font partie intégrante de la norme, celle-ci ne se distinguant plus de sa dérogation.

Renoncer à la pleine décision politique dans le cadre de la lutte antiterroriste, afin de l’abandonner à un ordre international organisé par la puissance dominante, nécessite que soit également remis en cause l’aspect symbolique du pouvoir national, son institution par le peuple. La structure impériale est un ordre de fait qui s’affranchit de tout mécanisme de reconnaissance populaire. La possibilité d’un retrait de la nationalité de Français, condamnés pour terrorisme, est un renversement du caractère symbolique de la souveraineté, c’est donner au gouvernement la prérogative d’instituer le peuple et de se fondre dans un ordre international qui ne laisse aucune place à la reconnaissance des populations.

Un renversement de la notion d’état d’urgence : de la dénégation au déni

L’état d’urgence contenu dans la loi de 1955, une législation de circonstance, a permis au gouvernement français de ne pas déclarer l’état de siège lors de la guerre d’Algérie. Elle lui a permis de ne pas considérer les résistants comme des combattants, mais bien comme des terroristes et de les traiter comme des criminels.

La volonté actuelle repose sur le souci inverse, celui de considérer des actions criminelles, les attentats terroristes, comme des actes de guerre ou plutôt d’effectuer une indifférenciation entre les deux. La fusion opérée entre droit pénal et droit de la guerre s’inscrit dans une tendance qui débute avec les attentats du 11/9 et la « guerre contre le terrorisme » du président Bush.

Le renversement, opéré entre la loi de 1955 et la conception actuelle de l’état d’urgence, est le passage de la dénégation d’une action de résistance et de son caractère politique, afin de la criminaliser, à une opération de déni, à une confusion entre attentat terroriste et acte de guerre, telle que l’expression de François Hollande « terrorisme de guerre » l’illustre parfaitement. Il en est de même en ce qui concerne le remède proposé : un « régime civil de crise » afin de faire face à une nouvelle forme de guerre. S’opère ainsi une indistinction entre crime et hostilité, entre intérieur et extérieur de la nation.

En ce qui concerne la guerre d’Algérie, la dénégation a du laisser la place à une reconnaissance politique des résistants algériens. Elle s’est révélée comme un acte de refoulement du politique qui ne pouvait être que temporaire. La procédure demeurait ainsi dans le sens originaire de l’état d’urgence, une situation exceptionnelle limitée dans le temps.

Il en va tout autrement en ce qui concerne la conception de l’état d’urgence, telle qu’elle est conçue dans la loi du 20 novembre 2015 et dans le projet de constitutionnalisation. La fusion opérée entre crime et acte de guerre n’est pas une opération de circonstance devant ensuite faire place à un processus de différentiation et à un retour du politique. Au processus de dénégation s’est substituée une procédure psychotique, un processus constant d’indifférenciation entre procédure pénale et gestion de l’hostilité, entre criminel et ennemi, entre intérieur et extérieur de la Nation, fondant cette dernière dans une forme internationale d’organisation du pouvoir.

L’État policier forme post-moderne de l’État national

De par l’insertion de l’état d’urgence, la Constitution acquiert une fonction pénale et le droit pénal devient constituant. La Constitution est renversée. Elle n’est plus inscription de droits, mais bien de leur déchéance. Elle enregistre la toute-puissance du pouvoir, particulièrement celle de son appareil policier.

Le Conseil d’État ne s’y est d’ailleurs pas trompé dans son avis sur projet gouvernemental de constitutionnaliser l’état d’urgence. Pour le Conseil, le texte « n’est pas une simple clarification » de la loi de 1955, il présente « un effet utile » pour donner « un fondement incontestable » aux mesures de police, pour « les soumettre exclusivement au contrôle du juge administratif » et non pas au juge judiciaire [12]. La constitutionnalisation de l’état d’urgence permettrait de légitimer le travail de la police et de lui donner les coudées franches, puisqu’elle serait soumise uniquement au juge administratif qui n’a ni les moyens, ni l’autorité pour exercer une telle surveillance. Ce faisant, le texte fondamental enregistre et légitime également le résultat de l’ensemble des réformes de la justice, la liquidation du juge d’instruction.

La constitutionnalisation de l’état d’urgence est l’enregistrement d’un processus de démantèlement de l’État de droit qui fait de l’appareil policier le noyau de l’État national. Ce qui ne signifie pas que cette forme d’État garde, à ce niveau, une indépendance réelle. Si la prérogative du maintien de l’ordre reste de son ressort, contrairement à la guerre, à la monnaie ou à la politique économique, les polices européennes sont organisées directement par le FBI. Non seulement, la police fédérale états-unienne organise les équipes mixtes d’intervention, mais grâce à ses initiatives, elle est parvenue aussi à influencer fortement les législations européennes, tant nationales que communautaires et cela dans les domaines de l’interception des communications, du contrôle du Net, de la création de nouvelles incriminations spécifiant le terrorisme, ainsi que sur les réformes des appareils policiers et judiciaires.

[1] « Projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation », Légifrance, le 23 mars 2016.

[2] « Etat d’urgence et article 16 : pourquoi Hollande veut-il réviser la Constitution ? », Le Monde.fr, 16 novembre 2015.

[3] « Etat d’urgence : ce que prévoit le projet de réforme constitutionnelle de Hollande », FranceTVinfo.fr, 3 décembre 2015.

[4] « François Hollande renonce à la déchéance de nationalité et au Congrès », Le Monde.fr, 30 mars 2016.

[5] Aude Loriaux, « Déchéance de nationalité : pour y voir plus clair, les arguments pour et contre », Slate.fr, le 6 février 2016.

[6] Article 25 : « L’individu qui a acquis la qualité de français peut, par décret pris après avis conforme du Conseil d’Etat, être déchu de la nationalité française 1 : s’il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation … ».

[7] Article 23-7 : « Le Français qui se comporte en fait comme le national d’un pays étranger peut, s’il a la nationalité de ce pays, être déclaré, par décret après avis conforme du Conseil d’Etat, avoir perdu la qualité de Français ».

[8] Article 23-8 : « Perd la nationalité française le Français qui, occupant un emploi dans une armée ou un service public étranger ou dans une organisation internationale dont la France ne fait pas partie ou plus généralement leur apportant son concours, n’a pas résigné son emploi ou cessé son concours nonobstant l’injonction qui lui en aura été faite par le Gouvernement ».

[9] Lucie Soullier et Damien Leloup, « Dans le grand fourre-tout de l’apologie du terrorisme », LeMonde.fr , 18 décembre 2015.

[10] Jean-Claude Paye, « La criminalisation du Net en France », Réseau voltaire, 15 septembre 2015.

[11] Carl Schmitt, Théologie politique, Gallimard 1988, p. 15.

[12] Conseil d’Etat, « Loi constitutionnelle de protection de la Nation », Avis consultatif, le 23 décembre 2015.

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Un terroriste italien, Vinciguerra, mis en contact avec la branche Gladio des services secret militaires, déclara : « Il fallait s’en prendre aux civils, aux gens du peuple, aux femmes, aux enfants, aux innocents, aux anonymes sans lien avec un quelconque jeu politique. Ils étaient censés forcer ces gens […] à s’en remettre à l’État pour demander plus de sécurité… »

Il faut voir dans tous ces multiples attentats un peu partout dans le monde, le 14 Juillet en France, une des nombreuses manœuvres justifiant une constitution du Nouvel Ordre Mondial, recommandé par le sieur Sarkozÿ il y a peu, N.O.M , autre nom d’une certaine République chère à Adam Weishaupt, juif ashkénaze, né le 6 février 1748 à Ingolstadt en Allemagne, converti au catholicisme puis passé  à la maçonnerie, fondateur des Illuminés de Bavière, et son compère Anacharsis Kloots, né d’une riche famille juive hollandaise, devenu prussien, l’un des principaux agitateurs révolutionnaires étrangers en France est fait citoyen français par la Convention après la publication de son livre La République universelle !

Une partie ce plan est déjà bien délimitée avec les mises en place des « états d’urgence », sans cesse reconduits, le dernier aujourd’hui. On assiste également à un net renforcement de la puissance navale américaine en Méditerranée le plus souvent en manœuvres. A l’approche des élections de 2017, au cas où un attentat encore plus meurtrier surviendrait, il n’est pas impossible qu’à la demande expresse de la France, les troupes US débarquent sur notre sol et nous imposent leur volonté plus directement.

Il faut envisager l’impossible, car l’avenir n’est écrit nulle part

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