Le renvoi des parlements

  Dans la nuit du 19 au 20 janvier 1771, Louis XV et Maupeou  cassent les Parlements, et leurs membres sont exilés.

«Y a-t-il un seul souverain ? Ou la France est-elle soumise à douze aristocraties ?», se demandait Maupeou.

Le pauvre aujourd’hui, en voyant l’anarchie tempérée par le fric se tirerait surement une balle.

Les deux compères recréent alors un parlement plus conforme aux aspirations du moment, entre autres la suppression de la vénalité des offices et l’introduction de l’égalité de tous les sujets devant la justice… .
Le jeune Louis XVI (20 ans) aura la faiblesse, à son avènement, en mai 1774, de restaurer les magistrats dans l’intégralité de leurs charges.

Fatale décision. « On peut sans exagération dire que la Révolution date de 1774 », écrit l’historien Jean Tulard.

De Jacques Bainville, Histoire de France, chapitre XIV, La Régence et Louis XV:

« …Choiseul avait essayé de gouverner avec les Parlements en leur donnant les jésuites en pâture, en flattant leurs sentiments jansénistes, en tirant même de leur sein des ministres et des contrôleurs généraux. L’effet de cette politique était déjà usé. Il ne restait plus qu’à recourir aux grands moyens. En 1771, Maupeou, chargé de l’opération, supprima les Parlements et la cour des aides. À leur place furent institués des « conseils supérieurs ». La vénalité des charges était abolie, la justice devenait gratuite. C’était une des réformes les plus désirées par le pays. La suppression des Parlements, acte d’une politique hardie, permettait de continuer cette organisation rationnelle de la France qui, depuis des siècles, avait été entreprise par la monarchie. La voie était libre.

Si nous pouvions faire l’économie d’une révolution, ce n’était pas en 1789, c’était en 1714, à la mort de Louis XV. La grande réforme administrative qui s’annonçait alors, sans secousses, sans violence, par l’autorité royale, c’était celle que les assemblées révolutionnaires ébaucheraient mais qui périrait dans l’anarchie, celle que Napoléon reprendrait et qui réussirait par la dictature : un de ses collaborateurs, le consul Lebrun, sera un ancien secrétaire de Maupeou. Il y a là dans notre histoire une autre sorte de continuité qui a été malaperçue… »

Hélas, cette faiblesse de la jeunesse par la suite nous coûta la fin d’une certaine France, à ce jour bien mal barrée.

Merci  La Faute à Rousseau.

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Une réponse à Le renvoi des parlements

  1. LHDDT dit :

    Môssieur (comme moi) fait un peu dans le radical je vois 😉

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