Tout a une fin.

Vanité des vanités ; tout est vanité !

L’Ecclésiaste, extraits et compléments

Quel profit l’homme retire-t-il des peines qu’il se donne sous le soleil ?
Une génération s’en va ; une génération lui succède ; la terre cependant reste à sa place.
Le soleil se lève ; le soleil se couche ; puis il regagne en hâte le point où il doit se lever de nouveau.
Tantôt soufflant vers le sud, ensuite passant au nord, le vent tourne, tourne sans cesse, et revient éternellement sur les cercles qu’il a déjà tracés. Tous les fleuves se jettent dans la mer, et la mer ne regorge pas, et les fleuves reviennent au lieu d’où ils coulent pour couler encore.
Tout est difficile à expliquer ; l’homme ne peut rendre compte de rien ; l’œil ne se rassasie pas à force de voir ; l’oreille ne se remplit pas à force d’entendre. Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui est arrivé arrivera encore.
Rien de nouveau sous le soleil. Quand on vous dit de quelque chose : « Venez voir, c’est du neuf », n’en croyez rien ; la chose dont il s’agit a déjà existé dans les siècles qui nous ont précédés. Les hommes d’autrefois n’ont plus chez nous de mémoire ; les hommes de l’avenir n’en laisseront pas davantage chez ceux qui viendront après eux. On ne peut redresser ce que Dieu créa courbe,
Ni faire quelque chose avec ce qui n’est pas.

Il y a temps pour tout, et chaque chose sous le ciel a son heure :

« Temps de naître et temps de mourir, »
Nous mourons, mais ne naissons plus,

« Temps de tuer, temps de guérir, »
Nous guérissons et nous tuons, surtout les âmes innocentes,

« Temps de planter, temps de détruire, »
Nous semons et déversons sous la contrainte des Monsanto,

« Temps de bâtir, temps d’arracher, »
Nous arrachons nos églises et les temples se construisent,

« Temps de gémir, temps de danser, »
Nous dansons sous les tam tam et nos femmes gémissent sous les coups,

« Temps de pleurer et temps de rire. »
Nous ne rions plus et nos larmes sont sèches.

A gauche est le cœur du sot.

A droite est le cœur du sage ;

Quand trébuchent les sentinelles
Debout sur le seuil du logis ;
Quand se voilent les demoiselles
Qui regardent par les treillis ;
Quand des forts les roideurs fléchissent ;
Quand les servantes du moulin,
En nombre insuffisant, mollissent
Et cessent de broyer le grain ;
… »

===

Quand les hommes cessent de l’être
Et les femmes les rejettent
Prêtes à s’assouvir en de tristes compagnies,
Quand leurs ventres se vendent, se louent,
Quand les enfants survivants ne sont plus que matière,

Alors, le temps est arrivé de se poser,
De regarder enfin la Lune et de dire
A tous les Porthos, Athos, un dernier au revoir,
Puis pour Aramis un pardonnable Adieu.

===

Il fut un temps où, tel Marcus Flavinius dans le désert, loin de Rome, je surveillais les frontières pour débusquer les envahisseurs. J’avais plus tard fait miennes ses paroles : » … que l’on prenne garde à la colère des Légions. » Aujourd’hui, je me sens bien fatigué,  éberlué par notre monde politique, faune où s’agitent autant d’incapables que de parfaits inutiles lapant sans vergogne à la gamelle du système.

Quand on se rappelle une certaine nuit du 4 Aout où les « privilèges » furent abolis…

Je suis fatigué, et j’arrête le blog, pour un temps incertain; quelques vacances en fait, un retour sur soi aussi, surtout après quelques rêveries aux finals mal assortis.

 »
– Bien, est-ce la fin? Votre réponse ?
– Je suis trop jeune pour vous.
– Manière bien élégante de dire : je suis trop vieux pour vous!
Donc, tout est dit ?
– Oui, adieu.
– Adieu ? Chi lo sa.

« 

===

Dans la mesure du possible, je passerai de temps en temps pour répondre, le cas échéant.

Sinon, bon courage à tous.

 

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8 réponses à Tout a une fin.

  1. orfeenix dit :

    Cher Blh,
    Quelle belle paraphrase et comme cette sagesse éternelle est nourrissante!Je vous connais depuis peu mais je vous estime bien sincèrement, votre blog m’ a fait grandir et m’ a réconfortée car nous ne sommes pas nombreux à exhaler le parfum de la tradition, vos commentaires m’ ont fait rire et c’ est bien la seule consolation aux inévitables amertumes.Prenez soin de vous et on vous pardonnera de changer d’ avis pour une fois si vous reprenez l’ écriture!

  2. Paul-Emic dit :

    pas dans une cathédrale s’il vous plait 🙂

  3. Tu t’es pris une gamelle amoureuse ? je demande ça sans ironie !

  4. Carine dit :

    Quel billet, cher blh !

    A la lecture de ceci,
    « Tous les fleuves se jettent dans la mer, et la mer ne regorge pas, »
    j’avais évidemment envie de te recommander de tenir compte des éponges (idée de Fernand Raynaud), mais la suite m’a assombrie.

    Si toi aussi tu nous abandonnes … je ne vois pas pourquoi je ne laisserais pas tomber aussi.

    Que nous arrive-t-il à tous ? Dixie, Lhddt, toi…

    Purée, du nerf, quoi !
    Ne nous laissez pas comme ça !

  5. Carine dit :

    A très bientôt , cher Blh !

  6. orfeenix dit :

    Et j’ ajoute en cette date actualisée qu’ il sera toujours le temps d’ aimer.L’ auteur de l’ Ecclesiaste est aussi celui d Cantique des Cantiques.

  7. Jaguar dit :

    …nous sommes tous fatigués, mais avons nous le droit de nous rendre…??

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