Mort de Hélie Denoix de Saint Marc

Ce grand Monsieur nous a quitté

Agé de 91 ans, le résistant Hélie Denoix de Saint Marc est décédé lundi matin dans la Drôme. Déporté à Buchenwald en 1943, il avait notamment participé au putsch manqué d’avril 1961 en Algérie, ce qui lui avait valu d’être condamné à dix ans de détention criminelle.

Hélie

« Il s’est éteint vers 8h30 dans sa maison de campagne de La Garde-Adhémar ». Sobrement, la famille de Hélie Denoix de Saint Marc a annoncé la mort lundi matin dans la Drôme de cet ancien résistant, notamment connu pour son implication pendant la guerre d’Algérie. L’homme était âgé de 91 ans.

Un résistant de la première heure

Hélie Denoix de Saint Marc est né le 11 janvier 1922 à Bordeaux, et s’est engagé dans la Résistance à 19 ans. Arrêté en juillet 1943 par la Gestapo, il est déporté à Buchenwald dans un convoi d’un millier de prisonniers, dont seulement un trentaine ont survécu. Après la guerre, il rejoint la Légion étrangère et sert à trois reprises en Indochine, où il a participé à de violents combats entre 1948 et 1954.

Commandant par intérim du 1er Régiment étranger de parachutistes (REP) en Algérie, il décide de se rallier aux putschistes opposés à la politique du général de Gaulle. Condamné à 10 ans de réclusion après l’échec du putsch, il est interné pendant cinq ans, gracié en décembre 1966, puis réhabilité en 1978. En 1995, il avait publié ses mémoires, « Les champs de braises », qui avaient décroché le prix Femina de l’essai. Le résistant avait été promu grand’croix de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy en 2011, soit la plus haute distinction de la République française.

pour mémoire, lire cette feuille, ici.

Le Figaro, pour une fois, s’est permis quelques mots appréciables:

L’ancien officier s’est éteint ce matin à l’âge de 91 ans à La Garde-Adhémar, dans la Drôme. Il était devenu plus qu’un écrivain à succès, une référence morale et historique.

Hélie de Saint Marc, qui vient de mourir, connut un destin exceptionnel. Ne serait-ce que parce qu’au cours de sa longue vie il fut successivement l’homme de l’humiliation, de l’engagement, de la proscription avant d’être finalement réhabilité.

Humiliation: au printemps 1940, un adolescent assiste à Bordeaux à l’arrivée de l’armée française en déroute. Peu après, il entre dans la Résistance, décide de gagner l’Espagne, avant d’être arrêté dans les Pyrénées et déporté en Allemagne, au redoutable camp de travail de Langenstein.

Engagement: en 1945, un rescapé mal à l’aise dans la France de la Libération délaisse le statut que peut lui conférer son passé incontestable de résistant déporté, pour endosser la défroque mal taillée d’officier de la Légion étrangère. Avec l’armée française, il plonge dans une guerre incertaine en Indochine.

Proscription: en avril 1961, le commandant en second du 1er REP choisit la sédition pour protester contre la politique algérienne du général de Gaulle. Après l’échec du putsch, il connaît la prison.

Réhabilitation: longtemps, Hélie de Saint Marc reste silencieux, muré dans ses souffrances, acceptant son manteau de paria. Jusqu’à ce que l’amitié quasi paternelle qu’il porte à son neveu, l’éditeur Laurent Beccaria, le pousse à accepter de témoigner.

La suite ici:

Affluence pour les obsèques d’Hélie de Saint Marc, via le  Salon Beige,

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3 réponses à Mort de Hélie Denoix de Saint Marc

  1. Anton dit :

    Bah, moi j’étais juste passé pour nourrir les poissons ou le petit rongeur en cage, mais bon y’a plus; depuis un petit moment en fait. Et cela méritait un commentaire. Si si.

    (Content de vous lire à nouveau).

  2. Carine dit :

    Contente de la réouverture de ton blog !
    Longue vie et beaucoup de succès pour cette nouvelle version, ami Blh !

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