Un drame à Lampedusa ?

On pourrait le faire sur le mode larmoyant, pousser des hauts cris de douleur et se taper la tête contre les murs en hurlant :
plus jamais ça.

On pourrait monter du doigt les sempiternelles errances des gouvernements en place et  ostraciser leurs chefs devant leur passivité apparente. On pourrait ensuite, logique infernale, affréter quantité de bateaux pour amener sur terre ferme tous ces malheureux émigrants venus ici et là quémander un peu de chaleur humaine…On pourrait, c’est vrai, et quelques-uns s’y activent déjà, notre Jésuite de Pape en premier, affolant la multitude de leur égoïsme bien personnel.
Soit.
326 morts noyés à Lampedusa, est-ce vraiment une tragédie mondiale ?
Tout de même, ainsi que le rappelle une blogueuse, 360 nouveaux arrivés, simultanément,  en parfaite santé à Siracusa !!!!!…plusss 300 gracieusement restitués aux ritals  par les teutons  à Hambourg…ça fait  toujours bien 600 en rabe !!!!!…..et sans rien faire !!!!
Dans le même temps, 3 Français ont été jeté dans les flammes à Madagascar sans que personne ne s’en émeuve beaucoup.
Plus en arrière dans le temps, le 12 mai 2008, Un séisme de magnitude 8 a frappé la province du Sichuan, faisant 87.000 morts ou disparus et 4,45 millions de blessés. C’est le pire tremblement de terre que la Chine a connu ces dernières années. Un Pape est-il venu prier et bénir tous ces enfants décimés?

On aimerait aussi, pendant qu’on y est, que la même compassion étreigne les cœurs de nos bonnes âmes téléphages, à l’annonce de la persécution des chrétiens d’Orient — Syrie, Pakistan, Egypte — ou du Nigeria…

Mais bon, des Chrétiens ? Bof !

L’on se rend compte qu’il y a des bons morts et des mauvais.

Que l’on se remémore cette vision de jean Raspail :

« Dans la nuit, au midi de notre pays, cent navires se sont échoués, chargés d’un million d’immigrants. Ils viennent chercher l’espérance. Ils inspirent la pitié. Ils sont faibles…Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l’Autre, c’est à dire multitude, l’avant garde de la multitude. A tous les niveaux de la conscience universelle, on se pose alors la question : que faire ?
Il est trop tard…. »

Le Camp des Saints et les Villes Lumières sont envahies. Notre civilisation s’arrête là.

Donc, nous ne pleurerons pas, juste un petit soupir en pensant  » paix à leurs âmes.

Par contre, il serait bon de donner une explication de ce naufrage révoltant les bonnes consciences.

Une tentative ici, due à M. Bernard Lugan, parue sur son blog le 05/10/2013

 » Le drame de Lampedusa : une conséquence directe du renversement du colonel Kadhafi
Les vrais responsables du drame de Lampedusa sont ceux qui, pour des raisons encore bien obscures, ont déclaré la guerre au colonel Kadhafi. Comme je l’ai maintes fois dit sur ce blog, mais il importe de le redire, en dépit de tous ses défauts, le « guide libyen » était devenu un partenaire, pour ne pas dire un allié dans deux combats essentiels :

1) La lutte contre le fondamentalisme islamiste qu’il avait entrepris d’éradiquer en Libye.

2)  La lutte contre l’immigration clandestine venue depuis l’Afrique sud-saharienne, la Corne ou les régions du Proche-Orient et transitant par la Libye. Grâce aux bons rapports qu’il entretenait avec le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, des accords très concrets avaient été conclus en ce sens et la Libye contrôlait ses côtes. Il est important de faire remarquer à ce sujet  que la plupart des points d’embarquement libyens étaient situés en Cyrénaïque et que, ruinées par les interventions de la police, les mafias organisant le commerce des hommes constituèrent, avec les islamistes, le noyau de départ de la rébellion à Derna et à Benghazi. En intervenant pour empêcher les forces du colonel Kadhafi de reprendre la région, l’aviation française, sur ordre du président Sarkozy, a donc rendu un grand service aux marchands d’esclaves. Aujourd’hui, ces derniers ont repris leur lucratif « commerce » …

Le drame de Lampedusa s’explique parce que la Libye est en pleine anarchie. Le pays a éclaté en fiefs tribaux et miliciens. Le « gouvernement » n’est même pas capable de se faire respecter à Tripoli, la capitale où les milices se combattent au grand jour. Faire la liste des affrontements qui se déroulent dans le pays est impossible tant ils sont nombreux. Rien que samedi 5 octobre, jour de rédaction de ce communiqué, 15 soldats libyens furent tués au nord de Bani Walid par des islamistes présumés.
Jusque là, ces derniers se contentaient de contrôler le sud de la Libye et les régions frontalières du Niger, du Tchad et du Soudan. Voilà qu’ils remontent vers le Nord afin de tendre la main à leurs « frères » qui tiennent une grande partie de la Cyrénaïque, dont  les hauteurs du jebel Akdar dans l’arrière-pays de Benghazi. Or, ces islamistes ont pris le contrôle du trafic transsaharien, dont celui des migrants, avec lequel ils se financent.

L’un des résultats de l’intervention française au Mali fut de forcer les trafiquants à ouvrir de nouvelles routes vers la Méditerranée car les réseaux maffieux transsahariens de l’ouest africain furent coupés. Le principal axe par lequel la cocaïne sud-américaine débarquée en Guinée Bissau était transportée à travers le Mali jusque dans les ports du Maghreb ne pouvant plus être emprunté, les trafiquants ont donc réorienté leurs réseaux vers la Libye où il n’existe plus d’Etat. Désormais, le trafic se fait sur l’axe Nigeria-Niger-Libye.
Or, à partir du nord du Nigeria avec Boko Haram, jusqu’à Benghazi et Derna, tout le trafic, dont celui de la drogue et celui des migrants, est désormais contrôlé par les islamistes.

Au lieu de faire savoir aux Européens qui sont les trafiquants qui lancent sur les eaux les pitoyables cargaisons d’êtres humains qui échouent sur les côtes européennes, les médias, largement aidés par l’Eglise pour laquelle plus le prochain est lointain et plus il semble devoir être aimé, ont au contraire entrepris de culpabiliser les populations qui subissent ces débarquements.
Le drame de Lampedusa nous plonge enfin directement dans le « Camp des Saints » de Jean Raspail. Ce livre prophétique, puisqu’il date de 1973, décrit l’implosion des sociétés occidentales sous le débarquement de milliers de clandestins arrivés sur des navires-poubelle. Clandestins devant lesquels toutes les institutions s’effondrent en raison de l’ethno masochisme des « élites » européennes gavées de mièvrerie et déboussolées par un sentimentalisme qui a pris le pas sur la raison et même sur les instincts vitaux. »

 

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Une réponse à Un drame à Lampedusa ?

  1. Liang dit :

    L’intervention en Libye, s’apparente sur tous les plans à la stratégie du chaos que le militaro-industriel outre-atlantique a tant besoin.

    Or, un des effets dévastateurs de la nature, le typhon, naît aussi du chaos – le fameux effet papillon.

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