La traque.

Addendum : Un deuxième arrêté daté du 11 janvier dernier signé  Jacques Arrighi de Casanova , JAMAIS  MENTIONNÉ  PAR  LES  MEDIA , vient d’être avalisé.

Addendum : le Conseil d’Etat vient d’invalider la décision du tribunal administratif de Nantes autorisant le spectacle de Dieudonné.

 

En France, on ne construit pas, on traque.

Qui donc ?

Il s’agit de Dieudonné M’bala M’bala, devenu en quelques jours le nouveau Satan portant moustache et mèche tombante. Pour avoir oser saluer le maudit Adolf d’un geste des plus simples ; la quenelle. Quand on sait que ce geste existe depuis une éternité se voulant le plus souvent un simple pied de nez à quelque quidam mécontent.
Curieux quand même cette quasi volonté unanime de dézinguer MB2 alors qu’à une époque pas si lointaine, il était encensé par les mêmes zigotos quand il stigmatisait les chrétiens, surtout catho.

Vous connaissez sans doute le contenu de la presse aux ordres, mais peu celui de quelques revues françaises et étrangères.

Voici un article de Jérôme Bourbon, de l’hebdo Rivarol, n° 3123.

« C’est l’hallali.

Dieudonné est désormais traqué de toutes parts. Ses spectacles prévus en province sont interdits les uns après les autres, à Nantes, à Bordeaux, à Tours. Manuel Valls a pondu le jour de l’Epiphanie une circulaire spécialement conçue contre l’humoriste enjoignant aux préfets d¹interdire de manière systématique tous les spectacles du rebelle à cause « des propos antisémites et infamants à l’égard de plusieurs personnalités de confession juive (…) et des atteintes virulentes et choquantes à la mémoire des victimes de la Shoah » que contiendrait sa dernière création intitulée « Le Mur ».  En recevant à l’Elysée le CRIF à l’occasion de ses 70 ans d’existence, quelques jours avant la Nativité, François Hollande avait dit, en petit caniche à rubans de Roger Cukierman: « Nous vous écoutons ». Et en effet le chef de l’Etat et tout le gouvernement ont exécuté  sur-le-champ les desseins du grand Sanhédrin en annonçant des mesures énergiques contre l’humoriste franco-camerounais. Pour ceux qui l’ignoraient encore, on sait maintenant de façon certaine qui dirige le pays, qui donne les ordres tant aux politiques qu’aux grands media. Il suffit en effet de lire toute la presse écrite, du « Monde » à « Libération », en passant par « Le Point » et « Le Nouvel Observateur » pour voir que Dieudonné est devenu l’ennemi public numéro un et que tout est organisé désormais pour le salir, le détruire socialement, professionnellement et, qui sait, physiquement. On peut craindre en effet que tout cela ne finisse très mal. Même le théâtre de la Main d’Or à Paris, dont beaucoup pensaient à tort que Dieudonné était propriétaire, pourrait lui être rapidement retiré, de sorte que l’humoriste n’aurait plus de lieu où se produire, à moins de se déplacer à nouveau en bus, comme il le fit naguère, avec toutes les difficultés pratiques et les inconvénients que cela présente et à condition qu’on ne trouve pas encore des prétextes pour l’empêcher de stationner.
Figurez-vous que le théâtre de la Main d’Or, ô cruelle ironie, appartient à des juifs, grands donateurs de la communauté et sionistes patentés. Le théâtre où se produit plusieurs fois par semaine le plus grand humoriste français que nous ayons actuellement depuis le regretté Pierre Desproges est la propriété de la SCI Amnesia cogérée par Georges Melka et Gabriel Levy. Ces derniers, rentrés toutes affaires cessantes d’Israël dans la nuit de dimanche à lundi se sont réunis le 7 janvier pour trouver une solution afin d’expulser l’humoriste. Alors que ce dernier a toujours réglé ses loyers en temps et en heure et que le bail n’expire qu¹en 2019, des juristes auraient trouvé une faille pour mettre le comique à la rue: le bail a été émis au nom de la société « Bonnie Production », que Dieudonné a créée, mais qui aurait été dissoute il y a quelques années. Le nom de la nouvelle société de production de Dieudonné, dont la femme est la gérante, « Les productions de la plume », ne figurerait pas sur le contrat de bail. De toute façon, on peut compter sur Thémis pour s’asseoir sur le droit et pour obéir au doigt et à l’oeil au Lobby.
UNE NOUVELLE FOIS, le haineux et horrible Manuel Valls, que certains imbéciles prenaient pour un modéré alors qu¹il est un très proche du sinistre et repoussant Dominique Strauss-Kahn et qu’il porte volontiers la kippa, montre sa malfaisance. Il s’était déjà illustré à la suite de l’¹affaire Clément Méric en dissolvant de manière arbitraire cinq mouvements dits d’extrême droite; dans l’affaire de la une de « Minute » sur Taubira en novembre dernier il avait également tout tenté pour interdire l’hebdomadaire et le retirer (heureusement en vain) des kiosques. Voici qu’il s’en prend avec une rage inouïe à un humoriste anticonformiste et courageux voire téméraire au lieu de tenter de résoudre les graves problèmes auxquels notre pays est confronté.
Mais ce n’est pas seulement Valls le coupable, ce ne sont pas seulement les pouvoirs publics, ce sont tous les partis politiques (et notamment l’UMP dont le président juif Jean-François Copé a approuvé explicitement la circulaire du ministre de l’Intérieur), les journaux, les éditorialistes qui, pour les uns, approuvent ouvertement cette censure, cette chasse à l’homme, pour les autres, émettent quelques réserves sur la méthode gouvernementale tout en prenant soin de condamner Dieudonné, ainsi que l’a fait Marine Le Pen qui s’est dite « heurtée et choquée » par les propos de l’humoriste. Oh la chochotte !
Eh bien quant à nous, nous le disons franchement, quelles que soient les divergences intellectuelles et spirituelles que nous pouvons avoir avec Dieudonné, nous lui disons dans cette affaire tout notre soutien, toute notre sympathie et même toute notre admiration. Il en faut, en effet, du courage, de la bravoure, de la ténacité, voire de l’héroïsme pour résister au rouleau compresseur médiatique. Dieudonné est aujourd’hui sur le point de tout perdre: son théâtre, son outil de travail. S’il ne baisse pas les bras, qu’il continue à résister crânement au Système en défendant le professeur Faurisson, en popularisant ainsi des thèses jusque-là inconnues du grand public et en permettant à l’indomptable universitaire de bénéficier enfin d¹un soutien de poids, ô combien mérité, au bout de quarante ans de travaux révisionnistes qui furent un continuel chemin de croix avec notamment une sauvage agression à Vichy en septembre 1989, Dieudonné pourrait non seulement perdre sa situation sociale mais peut-être même sa vie. Quand on voit qu’à Lyon de jeunes juifs exaltés s’en sont pris sauvagement à des anonymes qui avaient simplement fait le fameux geste de la quenelle, on mesure à quels risques extrêmes s’expose désormais l’humoriste.
Nous l’avons en effet souvent écrit: le problème juif est, qu’on le veuille ou non, une question centrale. Les lâches et les imbéciles nous reprochent d’être obsédés par ce sujet. Nous ne le sommes nullement. Ce n’est pas nous qui parlons ad nauseam des « heures les plus sombres de notre histoire ». Mais le fait est que la question juive est un problème théologique fondamental depuis deux mille ans et qu’elle est aussi un problème politique et désormais géopolitique avec le sionisme et l’existence de l’Etat d’Israël. La question du révisionnisme historique n’¹est pas moins essentielle. Elle départage ceux qui font partie du Système et ceux qui s’y opposent. La Shoah est en effet la clé de voûte du nouvel ordre mondial  depuis 1945, le dogme obligatoire auquel toutes les institutions et tous les individus doivent adhérer, ce que l’église conciliaire a fait depuis Vatican II et encore plus spectaculairement depuis Jean Paul II. Tous les partis politiques, y compris ceux dits de droite nationale ou populiste, doivent également s’y soumettre s’ils veulent avoir droit de cité. C’est d’ailleurs ce que lamentablement ils font tous en Europe les uns après les autres. Et l’affaire Williamson a montré que même les traditionalistes, pour être reconnus par les imposteurs du Vatican, devaient adhérer à la vulgate qui est pourtant un épouvantable blasphème puisque dans cette logique satanique ce n’est plus la mort sur la croix du Christ au Golgotha et sa résurrection qui sont le sommet et l’épisode central de l’histoire, c’est la mort de millions de juifs dans les chambres à gaz pendant la Seconde Guerre mondiale.
On le voit, ce qui se passe aujourd’hui va très au-delà d’une affaire de quenelle ou d’humoriste controversé.

Toute l’effervescence actuelle montre que nous vivons dans un monde de tarés où la vérité est mise sous le boisseau, où les libertés élémentaires sont bafouées et où l’air manque à nos poumons. »

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Un geste habituel… mais attention aux délateurs de service  :o)

Il pleut

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Un article de la presse étrangère de DIANA JOHNSTONE,du site Counter Punch, en date du 1er Janvier 2014.

Deux versions :

Version française

Version anglaise

La version française, traduite par Djazaïri.

« Les médias traditionnels et les politiques commencent la nouvelle année avec une résolution partagée pour 2014 : museler  définitivement un comédien franco-africain qui devient trop populaire auprès des jeunes gens.

Entre Noël et la Saint-Sylvestre, ce n’est personne d’autre que le Président de la République, François Hollande qui, lors d’une visite en Arabie Saoudite pour de (très grosses) affaires commerciales, a déclaré que son gouvernement devait trouver un moyen d’interdire des spectacles de l’humoriste Dieudonné M’Bala M ‘ Bala, ainsi qu’a appelé à le faire le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls.

Le leader du parti conservateur d’opposition, l’UMP Jean-François Copé, a fait immédiatement chorus en apportant un « soutien total » à la réduction au silence de l’incontrôlable comédien.

Au milieu de ce choeur médiatique unanime, l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur a écrit en éditorial que Dieudonné est « déjà mort, » lessivé, fini. La rédaction débattait ouvertement de la meilleure tactique entre essayer de le faire emprisonner pour « incitation à la haine raciale », l’annulation de ses spectacles sur la base de potentielles « menaces de trouble à l’ordre public, » ou l’exercice de pressions en menaçant les communes de diminuer le montant des subventions pour la culture si elles l’autorisent à se produire. L’objectif de Manuel Valls, le patron de la police nationale, est clair, mais le pouvoir tâtonne quant à la méthode.

Le cliché méprisant qui est constamment répété est que « Dieudonné ne fait plus rire personne. »

En réalité, c’est le contraire qui est vrai. Et c’est là le problème. Dans sa récente tournée dans les villes françaises, des vidéos montrent de grandes salles archi combles pliées de rire devant leur humoriste préféré. Il a popularisé un geste simple qu’il appelle la « quenelle. » Ce geste est imité par des jeunes gens dans toute la France. Elle veut dire tout simplement et à l’évidence : on en a marre.

Pour inventer un prétexte pour détruire Dieudonné, la principale organisation juive, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, équivalent français de l’AIPAC) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), qui jouit de privilèges particuliers dans le droit français (la journaliste parle du droit de se porter partie civile, NdT) ont sorti une histoire extravagante pour qualifier Dieudonné et ceux qui le suivent de « nazis. » La quenelle n’est selon toute évidence qu’un geste grossier signifiant à peu près « dans ton cul » avec une main placée en haut de l’autre bras pointé vers le bas pour préciser la longueur de la quenelle.

Mais pour le CRIF et la LICRA, la quenelle est « un salut nazi à l’envers ». (On n’est jamais assez « vigilant » quand on cherche un Hitler caché) Comme quelqu’un l’a remarqué, un « salut nazi à l’envers » peut tout aussi bien être considéré anti-nazi. Si encore le geste a quelque chose à voir avec Heil Hitler. Ce qui n’est manifestement pas le cas.

Mais le monde des médias reprend cette affirmation, en signalant tout du moins que « certains considèrent la quenelle comme un salut nazi à l’envers. » Peu importe si ceux qui pratiquent ce geste n’ont aucun doute sur ce qu’il veut dire : N…e le système !

Mais jusqu’à quel point le CRIF et la LICRA sont-ils « le système » ?

La France a un grand besoin de rire

L’industrie française est en train de disparaître, avec des usines qui ferment les une s après les autres. L’imposition des citoyens à faibles revenus est à la hausse, pour sauver les banques et l’euro. La désillusion vis-à-vis de l’Union européenne est de plus en plus forte. Les règles de l’UE empêchent toute action sérieuse pour améliorer l’état de l’économie française. Pendant ce temps, les politiciens de gauche et de droite continuent leurs discours creux, émaillés de clichés sur les « droits de l’homme » – en grande partie comme prétexte pour aller à la guerre au Moyen-Orient ou pour des diatribes contre la Chine et la Russie. Le pourcentage d’opinions positives sur le président Hollande a dégringolé à 15%. Pourtant les gens votent, avec pour résultat les mêmes politiques, décidées par l’UE.

Pourquoi alors la classe dirigeante concentre-t-elle sa vindicte sur « l’humoriste le plus talentueux de sa génération” (ainsi que le reconnaissent ses confrères, même quand ils le dénoncent) ?

La réponse en bref est probablement que la popularité montante de Dieudonné auprès de la jeunesse illustre un accroissement de l’écart entre générations. Dieudonné fait rire aux dépends de l’ensemble de l’establishment politique. Ce qui a eu pour conséquences un torrent d’injures et de démarches pour interdire ses spectacles, le ruiner financièrement et même le faire aller en prison. Les attaques verbales fournissent le contexte propice à des agressions physiques contre lui. Il y a quelques jours, son assistant Jacky Sigaux a été agressé physiquement en pleine journée par plusieurs hommes masqués devant la mairie du 19ème arrondissement – juste en face du parc des Buttes Chaumont. Il a déposé plainte.

Mais quelle protection peut-on espérer de la part d’un gouvernement dont le ministre de l’intérieur, Manuel Valls – en charge de la police – a promis de trouver les moyens de faire taire Dieudonné ?

Cette affaire est importante mais il est pratiquement certain qu’elle ne sera pas traitée correctement dans les médias hors de France – exactement comme elle n’est pas traitée correctement dans la presse française qui est la source de presque tout ce qui est rapporté à l’étranger. Les problèmes liés à la traduction, une part de malentendus et de contrevérités ajoutent à la confusion.

Pourquoi le haïssent-ils ?

Dieudonné M’Bala M’Bala est né dans la banlieue parisienne il y a 48 ans Sa mère était une blanche originaire de Bretagne, son père était un Africain originaire du Cameroun. Ce qui devrait faire de lui l’enfant-modèle du « multiculturalisme » que l’idéologie dominante de la gauche affirme promouvoir. Et durant la première partie de sa carrière, en duo avec son ami juif Elie Semoun, il était exactement ça : il faisait campagne contre le racisme, concentrant ses attaques sur le Front National allant même jusqu’à se présenter aux élections municipales contre une candidate du Front National à Dreux, une cité dortoir à environ 90 kilomètres à l’ouest de Paris où il réside. Comme les meilleurs humoristes, Dieudonné a toujours ciblé les événements de l’actualité, avec un engagement et une dignité peu courants dans la profession. Sa carrière était florissante, il jouait dans des films, était invité à la télévision et travaillait désormais en solo. Très bon observateur, il excelle dans des imitations assez subtiles de divers types de personnalités et groupes ethniques, des Africains aux Chinois.

Il y a dix ans, le 1er décembre 2003, en tant qu’invité dans une émission de télévision traitant d’actualité intitulée « On ne peut pas plaire à tout le monde, » un nom tout à fait approprié, Dieudonné était arrivé sur le plateau sommairement déguisé en « converti au sionisme extrémiste », suggérant aux autres de « rejoindre l’axe du bien isaélo-américain. ». Cette mise en cause relativement modérée de « l’axe du mal » de George W. Bush semblait complètement dans l’air du temps. Ce sketch se terminait par un bref salut « Isra-heil ». On était loin du Dieudonné des débuts mais l’humoriste populaire avait été néanmoins salué avec enthousiasme par les autres comédiens tandis que le public présent sur le plateau lui avait fait une standing ovation. C’était dans la première année de l’attaque américaine contre l’Irak à laquelle la France avait refusé de s’associer, ce qui avait amené Washington à rebaptiser ce qu’on appelle là-bas « french fries » (belges en réalité) en « freedom fries » .

Puis les protestations ont commencé à arriver, concernant particulièrement le geste final vu comme posant une équivalence entre Israël et l’Allemagne nazie.

« Antisémitisme ! » criait-on même si la cible du sketch était Israël (et les Etats Unis et leurs alliés au Moyen Orient). Les appels se multipliaient pour interdire ses spectacles, le poursuivre en justice, détruire sa carrière. Dieudonné a essayé d’expliquer que son sketch ne visait pas les Juifs en tant que tels mais, à la différence d’autres avant lui, il n’a pas présenté d’excuses pour une offense qu’il considère ne pas avoir commise.Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de protestations de la part des Africains dont il s’est moqué ? Ou des Musulmans, Ou des Chinois ? Pourquoi une seule communauté a-t-elle réagi avec autant de rage ?

A commencé alors une décennie d’escalade. La LICRA entama une longue série d’actions en justice contre lui (« incitation à la haine raciale »), les perdant au début mais ne relâchant pas la pression. Au lieu de céder, après chaque attaque Dieudonné a poussé plus avant sa critique du « sionisme », Dans le même temps, Dieudonné était graduellement exclu des studios de télévision et traité comme un paria par les médias grand public. C’est seulement la profusion récente sur internet d’images montrant de jeunes gens en train de faire le geste de la quenelle qui a poussé l’establishment à conclure qu’une attaque frontale serait plus efficace que d’essayer de l’ignorer.

L’arrière-plan idéologique

Pour essayer de comprendre la signification de l’affaire Dieudonné, il est nécessaire d’appréhender le contexte idéologique. Pour des raisons trop complexes pour qu’on les présente ici, la gauche française – la gauche dont la préoccupation principale était autrefois le bien-être des travailleurs, l’égalité sociale, l’opposition aux guerres d’agression, la liberté d’expression – n’existe pratiquement plus. La droite a gagné la bataille décisive de l’économie avec le triomphe de politiques qui favorisent la stabilité monétaire et les intérêts du capital dfinancier international (le « néolibéralisme »). Comme prix de consolation, la gauche jouit d’une certaine prééminence idéologique basée sur l’anti-racisme, l’anti-nationalisme et l’engagement en faveur de l’Union Européenne – et même de l’hypothétique « Europe sociale » qui s’éloigne à grands pas pour rejoindre le cimetière des rêves disparus. En fait, cette idéologie coïncide parfaitement avec une mondialisation fondée sur les exigences du capitalisme financier international.

En l’absence de toute véritable gauche sociale et économique, la France a sombré dans une sorte de « politique de l’identité » qui fait à la fois l’éloge du multiculturalisme et réagit avec véhémence contre le « communautarisme », c’est-à-dire l’affirmation de n’importe quel particularisme jugé indésirable. Mais certains particularismes ethniques sont encore moins les bienvenus que d’autres. Le voile islamique a été d’abord interdit dans les écoles, et les demandes pour le faire interdire dans l’espace public se font de plus en plus pressantes. Le niqab et la burqa, quoique rares, ont été interdits par une loi. Des controverses éclatent sur la nourriture halal dans les cantines, les prières sur la voie publique, tandis que des caricatures raillent régulièrement l’Islam. Quoi qu’on puisse penser de tout ça, la lutte contre le communautarisme peut être vue par certains comme dirigée contre une communauté en particulier. Dans le même temps, les dirigeants politiques français ont pris la tête de ceux qui appellent à la guerre dans des pays musulmans comme la Libye et la Syrie tout en affichant leur dévotion pour Israël.

En même temps, une autre communauté fait l’objet d’une sollicitude de tous les instants. Ces vingt dernières années, alors que la pratique religieuse et l’engagement politique ont considérablement décliné, l’holocauste, appelé Shoah en France, est devenu progressivement une sorte de religion d’Etat. Les écoles commémorent la Shoah chaque année, elle domine de plus en plus dans une conscience historique en recul sous les autres aspects tout comme nombre d’approches en sciences humaines. En particulier, de tous les événements de la longue histoire de France, le seul protégé par une loi est la Shoah. La loi dite Gayssot prohibe tout questionnement sur l’histoire de la Shoah, une interférence absolument sans précédent avec la liberté d’expression. En outre, certaines associations comme la LICRA, se sont vues accorder le privilège de pouvoir poursuivre des individus en justice sur la base de « l’incitation à la haine raciale » (interprétée de manière très large et inégale) avec la possibilité d’encaisser des dommages et intérêts au nom de la « communauté insultée ». En pratique, ces lois servent surtout à poursuivre « l’antisémitisme » présumé et le « révisionnisme » par rapport à la Shoah. Même si elles sont souvent rejetées par les tribunaux, de telles actions en justice participent du harcèlement et de l’intimidation. La France est un des rares pays où le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre la colonisation israélienne peut aussi être attaqué devant les tribunaux pour « incitation à la haine raciale. »

Organisation violente, la Ligue de Défense Juive (LDJ), illégale aux Etats Unis et même en Israël, est connue pour avoir saccagé des librairies ou frappé des individus isolés, parfois âgés. Quand les agresseurs sont identifiés, la fuite en Israël est une bonne porte de sortie. Les victimes de la LDJ n’inspirent jamais dans l’opinion publique quoi que ce soit de comparable à l’indignation publique massive quand un citoyen juif est victime d’une agression gratuite. Par ailleurs, les politiciens se rendent au dîner annuel du CRIF avec le même zèle que ceux des Etats Unis pour aller au dîner de l’AIPAC -pas pour financer leurs campagnes électorales mais pour prouver la bienveillance de leurs sentiments.

La France possède la plus importante communauté juive d’Europe occidentale, une population qui a en grande majorité échappé à la déportation pendant l’occupation allemande au cours de laquelle les immigrés juifs avaient été expulsés vers les camps de concentration. En plus d’une communauté juive établie depuis très longtemps, il y a beaucoup de nouveaux venus originaires d’Afrique du Nord. Tout cela contribue à une population aux succès très dynamiques, très présente dans les professions les plus visibles et les plus populaires (le journalisme, le show business ainsi que la science et la médecine entre autres).

De tous les partis politiques français, le Parti Socialiste (en particulier via le Parti Travailliste de Shimon Peres qui est membre de l’Internationale Socialiste) est celui qui a les liens historiques les plus étroits avec Israël. Dans les années 1950, quand la France combattait le mouvement de libération nationale algérien, le gouvernement français (via Peres) avait contribué au projet israélien de production d’armes atomiques. Aujourd’hui, ce n’est pas le Parti Travailliste qui gouverne Israël mais l’extrême droite. La récente visite amicale faite par Hollande à Benjamin Netanyahou a montré que la dérive droitière de la vie politique en Israël n’a absolument pas tendu les relations – qui semblent plus étroites que jamais.

Il n’empêche que la communauté juive est très petite en comparaison du grand nombre d’immigrés arabes venus d’Afrique du Nord ou des immigrés noirs originaires des anciennes colonies françaises en Afrique. Il y a quelques années, Pascal Boniface, un intellectuel de renom membre du PS, avait prudemment averti les dirigeants du parti que leur biais en faveur de la communauté juive pourrait finir par causer des problèmes électoraux. Cet avertissement qui figurait dans un document d’analyse politique avait provoqué un tollé qui lui avait presque coûté sa carrière.

Mais le fait demeure : il n’est guère difficile pour les français d’origine arabe ou africaine d’avoir le sentiment que le « communautarisme » qui a vraiment de l’influence est le communautarisme juif.

Les usages politiques de l’holocauste

Norman Finkelstein a montré il y a quelques temps que l’holocauste peut être exploité à des fins pour le moins dénuées de noblesse : comme extorquer des fonds à des banques suisses. La situation en France est cependant très différente. Il ne fait guère de doute que les rappels constants de la Shoah fonctionnent comme une sorte de protection pour Israël contre l’hostilité que génère le traitement infligé aux palestiniens. Mais la religion de l’holocauste a un autre impact politique plus profond qui n’a pas de relation directe avec le destin des Juifs.

Plus que toute autre chose, Auschwitz a été interprété en tant que symbole de ce à quoi mène le nationalisme. La référence à Auschwitz a servi à donner mauvaise conscience à l’Europe, et notamment aux Français si on tient compte du fait que leur rôle relativement marginal dans cette affaire [Auschwitz] avait été une conséquence de la défaite militaire et de l’occupation du pays par l’Allemagne nazie. Bernard-Henri Lévy, l’écrivain dont l’influence s’est accrue dans des proportions grotesques ces dernières années (il a poussé la président Sarkozy à la guerre contre la Libye), avait commencé sa carrière en soutenant que le « fascisme » est l’authentique « idéologie française ». Culpabilité, culpabilité, culpabilité. En faisant d’Auschwitz l’événement le plus significatif de l’histoire contemporaine, un certain nombre d’écrivains et de personnages publics justifient par défaut le pouvoir croissant de l’Union Européenne en tant que remplacement indispensable des nations européennes intrinsèquement « mauvaises. » Plus jamais Auschwitz ! Dissoudre les Etats nations dans une bureaucratie technocratique libérée de l’influence émotionnelle de citoyens qui pourraient ne pas voter correctement. Vous vous sentez français ? Ou allemand ? Vous devirez en éprouver de la culpabilité – à cause d’Auschwitz.

Les Européens sont de moins en moins enthousiastes devant l’UE car elle ruine leurs économies et leur retire tout contrôle démocratique sur elles. Ils peuvent voter pour le mariage gay, mais pas pour la moindre mesure keynésienne et encore moins socialiste. La culpabilité pour le passé est néanmoins supposée maintenir leur fidélité à l’égard du rêve européen. Les fans de Dieudonné, si on en juge par les photos, semblent être en majorité des hommes jeunes, âgés entre 20 et 30 ans. Ils sont nés deux bonnes générations après la seconde guerre mondiale. Ils ont passé leurs vies à entendre parler de la Shoah. Plus de 300 écoles parisiennes arborent une plaque commémorant le sort funeste d’enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Quel peut bien être l’effet de tout ça ? Pour beaucoup de ceux qui sont nés longtemps après ces terribles événements, il semble que tout le monde est supposé se sentir coupable – si ce n’est pas pour ce qu’ils n’ont pas fait, alors c’est pour ce qu’ils auraient été supposés avoir fait s’ils en avaient eu la possibilité [s’ils avaient vécu à l’époque, NdT].

Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson « tropicale » un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre.

Personne ne sait quand s’arrêter

Dimanche dernier, Nicolas Anelka, un footballeur très connu d’origine afro-belge [la famille d’Anelka est en fait originaire des Antilles, NdT] qui évolue en Angleterre a fait une quenelle après avoir marqué un but – en signe de solidarité avec son ami Dieudonné M’Bala M’Bala. Suite à ce geste simple et à la base insignifiant, le tumulte a atteint de nouveaux sommets.

A l’Assemblée Nationale française, Meyer Habib représente les « Français de l’étranger » – dont 4 000 Israéliens d’origine française [plus de 78 000 inscrits sur les registres électoraux en réalité, NdT]. Lundi dernier, il a twitté « La quenelle d’Anelka est intolérable ! Je vais déposer une proposition de loi pour punir ce nouveau salut nazi pratiqué par les antisémites. »

La France a adopté des lois pour « punir l’antisémitisme ». Le résultat est à l’opposé. De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle « les juifs dirigent le pays » et participent à la montée de l’antisémitisme. Quand de jeunes français voient un Franco-israélien essayer de transformer en délit un simple geste, quand la communauté juive se mobilise pour interdire leur humoriste préféré, cela ne peut que faire monter l’antisémitisme et même encore plus rapidement.

Il reste que dans cette escalade le rapport de forces est très inégal. Un humoriste n’a pour armes que des mots et des fans qui pourraient bien se disperser quand la situation va se corser. De l’autre côté se trouvent l’idéologie dominante et le pouvoir de l’Etat.

Dans ce genre de conflit, la paix civile dépend de la sagesse et de la capacité de ceux qui ont le plus de pouvoir à faire montre de retenue. S’ils n’agissent pas en ce sens, alors cela pourrait être un jeu sans vainqueurs. »

La version anglaise.

« The Bête Noire of the French Establishment
by DIANA JOHNSTONE

Paris.

French mainstream media and politicians are starting off the New Year with a shared resolution for 2014: permanently muzzle a Franco-African comedian who is getting to be too popular among young people.

In between Christmas and New Year’s Eve, no less than the President of the Republic, François Hollande, while visiting Saudi Arabia on (very big) business, said his government must find a way to ban performances by the comedian Dieudonné M’Bala M’Bala, as called for by French Interior Minister, Manuel Valls.

The leader of the conservative opposition party, UMP, Jean-François Copé, immediately chimed in with his “total support” for silencing the unmanageable entertainer.

In the unanimous media chorus, the weekly Nouvel Observateur editorialized that Dieudonné is “already dead”, washed up, finished. Editors publicly disputed whether it was a better tactic to try to jail him for “incitement to racial hatred”, close his shows on grounds of a potential “threat to public order”, or put pressure on municipalities by threatening cultural subsidies with cuts if they allow him to perform.

The goal of national police boss Manuel Valls is clear, but the powers that be are groping for the method.

The dismissive cliché heard repeatedly is that “nobody laughs at Dieudonné any more”.

In reality, the opposite is true. And that is the problem. On his recent tour of French cities, videos show large, packed theaters roaring with laughter at their favorite humorist.  He has popularized a simple gesture, which he calls the “quenelle”. It is being imitated by young people all over France.  It simply and obviously means, we are fed up.

To invent a pretext for destroying Dieudonné, the leading Jewish organizations CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, the French AIPAC) and LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, which enjoys special privileges under French law) have come up with a fantasy to brand Dieudonné and his followers as “Nazis”.  The quenelle is all too obviously a vulgar gesture roughly meaning “up yours”, with one hand placed at the top of the other arm pointing down to signify “how far up” this is to be.

But for the CRIF and LICRA, the quenelle is “a Nazi salute in reverse”.  (You can never be too “vigilant” when looking for the hidden Hitler.)

As someone has remarked, a “Nazi salute in reverse” might as well be considered anti-Nazi.  If indeed it had anything to do with Heil Hitler.  Which it clearly does not.

But world media are taking up this claim, at least pointing out that “some consider the quenelle to be a Nazi salute in reverse”.  Never mind that those who use it have no doubt about what it means:  F— the system!

But to what extent are the CRIF and LICRA “the system”?

France needs all the laughter it can get

French industry is vanishing, with factory shutdowns week after week.  Taxes on low income citizens are going up, to save the banks and the euro. Disillusion with the European Union is growing.  EU rules exclude any serious effort to improve the French economy. Meanwhile, politicians on the left and the right continue their empty speeches, full of clichés about “human rights” – largely as an excuse to go to war in the Middle East or rant against China and Russia. The approval rating of President Hollande has sunk to 15%.  However people vote, they get the same policies, made in EU.

Why then are the ruling politicians focusing their wrath on “the most talented humorist of his generation” (as his colleagues acknowledge, even when denouncing him)?

The short answer is probably that Dieudonné’s surging popularity among young people illustrates a growing generation gap.  Dieudonné has turned laughter against the entire political establishment.  This has led to a torrent of abuse and vows to shut down his shows, ruin him financially and even put him in jail.  The abuse also provides a setting for physical attacks against him.  A few days ago, his assistant Jacky Sigaux was physically attacked in broad daylight by several masked men in front of the city hall of the 19th arrondissement – just opposite the Buttes Chaumont Park. He has lodged a complaint.

But how much protection is to be expected from a government whose Interior Minister, Manuel Valls – in charge of police – has vowed to seek ways to silence Dieudonné?

The story is significant but is almost certain to be badly reported outside France – just as it is badly reported inside France, the source of almost all foreign reports.  In translation, a bit of garbling and falsehoods add to the confusion.

Why Do They Hate Him?

Dieudonné M’Bala M’Bala was born in a Paris suburb nearly 48 years ago. His mother was white, from Brittany, his father was African, from Cameroun.  This should make him a poster child for the “multiculturalism” the ideologically dominant left claims to promote.  And during the first part of his career, teaming up with his Jewish friend, Elie Simoun, he was just that: campaigning against racism, focusing his criticism on the National Front and even running for office against an NF candidate in the dormitory town of Dreux, some sixty miles West of Paris, where he lives. Like the best humorists, Dieudonné always targeted current events, with a warmth and dignity unusual in the profession. His career flourished, he played in movies, was a guest on television, branched out on his own.  A great observer, he excels at relatively subtle imitations of various personality types and ethnic groups from Africans to Chinese.

Ten years ago, on December 1, 2003, as guest on a TV show appropriately called “You Can’t Please Everybody”, dedicated to current events, Dieudonné came on stage roughly disguised as “a convert to Zionist extremism” advising others to get ahead by “joining the American-Israeli Axis of Good”. This was in the first year of the US assault on Iraq, which France’s refusal to join had led Washington to rechristen what it calls “French fries” (Belgian, actually) as “Freedom fries”.  A relatively mild attack on George W. Bush’s “Axis of Evil” seemed totally in the mood of the times. The sketch ended with a brief salute, “Isra-heil”.  This was far from being vintage Dieudonné, but nevertheless, the popular humorist was at the time enthusiastically embraced by other performers while the studio audience gave him a standing ovation.

Then the protests started coming in, especially concerning the final gesture seen as likening Israel to Nazi Germany.

“Anti-Semitism!” was the cry, although the target was Israel (and the United States as allies in the Middle East). Calls multiplied to ban his shows, to sue him, to destroy his career.  Dieudonné attempted to justify his sketch as not targeting Jews as such, but, unlike others before him, would not apologize for an offense he did not believe he had committed.  Why no protests from Africans he had made fun of? Or Muslims? Or Chinese? Why should a single community react with such fury?

Thus began a decade of escalation.  LICRA began a long series of lawsuits against him (“incitement to racial hatred”), at first losing, but keeping up the pressure.  Instead of backing down, Dieudonné went farther in his criticism of “Zionism” after each attack.  Meanwhile, Dieudonné was gradually excluded from television appearances and treated as a pariah by mainstream media.  It is only the recent internet profusion of images showing young people making the quenelle sign that has moved the establishment to conclude that a direct attack would be more effective than trying to ignore him.

The Ideological Background

To begin to understand the meaning of the Dieudonné affair, it is necessary to grasp the ideological context.  For reasons too complex to review here, the French left – the left that once was primarily concerned with the welfare of the working class, with social equality, opposition to aggressive war, freedom of speech – has virtually collapsed.  The right has won the decisive economic battle, with the triumph of policies favoring monetary stability and the interests of international investment capital (“neo-liberalism”).  As a consolation prize, the left enjoys a certain ideological dominance, based on anti-racism, anti-nationalism and devotion to the European Union – even to the hypothetical “social Europe” that daily recedes into the cemetery of lost dreams. In fact, this ideology fits perfectly with a globalization geared to the requirements of international finance capital.

In the absence of any serious socio-economic left, France has sunk into a sort of “Identity Politics”, which both praises multiculturalism and reacts vehemently against “communitarianism”, that is, the assertion of any unwelcome ethnic particularisms. But some ethnic particularisms are less welcome than others.  The Muslim veil was first banned in schools, and demands to ban it in adult society grow.  The naqib and burka, while rare, have been legally banned. Disputes erupt over Halal foods in cafeterias, prayers in the street, while cartoons regularly lampoon Islam. Whatever one may think of this, the fight against communitarianism can be seen by some as directed against one particular community. Meanwhile, French leaders have been leading the cry for wars in Muslim countries from Libya to Syria, while insisting on devotion to Israel.

Meanwhile, another community is the object of constant solicitude. In the last twenty years, while religious faith and political commitment have declined drastically, the Holocaust, called the Shoah in France, has gradually become a sort of State Religion.  Schools commemorate the Shoah annually, it increasingly dominates historical consciousness, which in other areas is declining along with many humanistic studies.  In particular, of all the events in France’s long history, the only one protected by law is the Shoah.  The so-called Gayssot Law bans any questioning of the history of the Shoah, an altogether unprecedented interference with freedom of speech. Moreover, certain organizations, such as LICRA, have been granted the privilege of suing individuals on the basis of “incitement to racial hatred” (very broadly and unevenly interpreted) with the possibility of collecting damages on behalf of the “injured community”. In practice, these laws are used primarily to prosecute alleged “anti-Semitism” or “negationism” concerning the Shoah. Even though they frequently are thrown out of court, such lawsuits constitute harassment and intimidation.  France is the rare country where the BDS (Boycott, Divestment, Sanctions) movement against Israeli settlement practices can also be attacked as “incitement to racial hatred”.

The violence-prone Jewish Defense League, outlawed in the United States and even in Israel, is known for smashing books shops or beating up isolated, even elderly, individuals.  When identified, flight to Israel is a good way out.  The victims of the JDL fail to inspire anything close to the massive public indignation aroused when a Jewish person falls victim to wanton violence. Meanwhile, politicians flock to the annual dinner of the CRIF with the same zeal that in the United States they flock to the dinner of AIPAC – not so much for campaign funds as to demonstrate their correct sentiments.

France has the largest Jewish population in Western Europe, which actually largely escaped the deportation during German occupation that expelled Jewish immigrants to concentration camps. In addition to an old, established Jewish population, there are many newcomers from North Africa.  All this adds up to a very dynamic, successful population, numerous in the more visible and popular professions (journalism, show business, as well as science and medicine, among others).

Of all French parties, the Socialist Party (especially via the Israeli Labor Party of Shimon Peres in the Socialist International) has the closest historic ties with Israel.  In the 1950s, when France was fighting against the Algerian national liberation movement, the French government (via Peres) contributed to the Israeli project of building nuclear weapons.  Today it is not the Labor Party that rules Israel, but the far right.  Hollande’s recent cozy trip to Benjamin Netanyahu showed that the rightward drift of policy in Israel has done nothing to strain relations – which seem closer than ever.

Yet this Jewish community is very small compared to the large number of Arab immigrants from North Africa or black immigrants from France’s former colonies in Africa.  Several years ago, a leading Socialist Party intellectual, Pascal Boniface, cautiously warned party leaders that their heavy bias in favor of the Jewish community could eventually cause electoral problems. This statement in a political assessment document caused an uproar which nearly cost him his career.

But the fact remains: it is not hard for French people of Arab or African background to feel that the “communitarianism” that really has clout is the Jewish community.

The Political Uses of the Holocaust

Norman Finkelstein showed some time ago that the Holocaust can be exploited for less than noble purposes: such as extorting funds from Swiss banks.  However, in France the situation is very different.  No doubt, constant reminders of the Shoah serve as a sort of protection for Israel from the hostility aroused by its treatment of the Palestinians.  But the religion of the Holocaust has another, deeper political impact with no direct relation to the fate of the Jews.

More than anything else, Auschwitz has been interpreted as the symbol of what nationalism leads to. Reference to Auschwitz has served to give a bad conscience to Europe, and notably to the French, considering that their relatively small role in the matter was the result of military defeat and occupation by Nazi Germany. Bernard-Henri Lévy, the writer whose influence has grown to grotesque proportions in recent years (he led President Sarkozy into war against Libya), began his career as ideologue by claiming that “fascism” is the genuine “French ideology”.  Guilt, guilt, guilt.  By placing Auschwitz as the most significant event of recent history, various writers and speakers justify by default the growing power of the European Union as necessary replacement for Europe’s inherently “bad” nations.  Never again Auschwitz!  Dissolve the nation-states into a technical bureaucracy, free of the emotional influence of citizens who might vote incorrectly.  Do you feel French?  Or German? You should feel guilty about it – because of Auschwitz.

Europeans are less and less enthusiastic about the EU as it ruins their economies and robs them of all democratic power over the economy.  They can vote for gay marriage, but not for the slightest Keynesian measure, much less socialism.  Nevertheless, guilt about the past is supposed to keep them loyal to the European dream.

Dieudonné’s fans, judging from photographs, appear to be predominantly young men, fewer women, mostly between the ages of twenty and thirty.  They were born two full generations after the end of World War II. They have spent their lives hearing about the Shoah. Over 300 Paris schools bear a plaque commemorating the tragic fate of Jewish children deported to Nazi concentration camps.  What can be the effect of all this? For many who were born long after these terrible events, it seems that everyone is supposed to feel guilty – if not for what they didn’t do, for what they supposedly might do if they had a chance.

When Dieudonné transformed an old semi-racist “tropical” song, Chaud Cacao, into Shoah Ananas, the tune is taken up en masse by Dieudonné fans.  I venture to think that they are not making fun of the real Shoah, but rather of the constant reminders of events that are supposed to make them feel guilty, insignificant and powerless.  Much of this generation is sick of hearing about the period 1933-1945, while their own future is dim.

Nobody Knows When to Stop

Last Sunday, a famous football player of Afro-Belgian origin, Nicolas Anelka, who plays in the UK, made a quenelle sign after scoring a goal – in solidarity with this friend Dieudonné M’Bala M’Bala. With this simple and basically insignificant gesture, the uproar soared to new heights.

In the French parliament, Meyer Habib represents “overseas French” – some 4,000 Israelis of French origin.  On Monday he twittered: “Anelka’s quenelle is intolerable! I will introduce a bill to punish this new Nazi salute practiced by anti-Semites.”

France has adopted laws to “punish anti-Semitism”.  The result is the opposite.  Such measures simply tend to confirm the old notion that “the Jews run the country” and contribute to growing anti-Semitism.  When French youth see a Franco-Israeli attempt to outlaw a simple gesture, when the Jewish community moves to ban their favorite humorist, anti-Semitism can only grow even more rapidly.

Yet in this escalation, the relationship of forces is very uneven.  A humorist has words as his weapons, and fans who may disperse when the going gets rough.  On the other side is the dominant ideology, and the power of the State.

In this sort of clash, civic peace depends on the wisdom of those with most power to show restraint.  If they fail to do so, this can be a game with no winners. »

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Retour au début de l’article.

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Cette soudaine apparition  en si peu de temps de l’antisémitisme en France est quelque peu troublante et mérité réflexion. Il existe pourtant des lois dites mémorielles, issues des « jugements » de Nuremberg » constamment rappelées par le XVIIème Chambre correctionnelle de Paris chargée d’étouffer dans l’oeuf toute tentative d’explication concernant le peuple élu. Et si cela ne suffisait pas, certains membres du Betar – mouvement pourtant interdit en…Israël –  se chargent volontiers de faire comprendre aux récalcitrants toutes leurs erreurs.

Alors quoi ?

Dieudo raciste ? que non pas; impossible, il est noir. Antisémite alors ?
Le théatre qu’il loue à Paris a pour propriétaire… Un Juif, et son ami et associé est lui aussi Juif.

En fait, tout le monde s’en contre-fiche, Licra et Cie, car de toutes façons, c’est le prétexte idéal pour, d’une part, renforcer la toute puissance du milieu judéo-maçonique-sioniste à l’aide de lois qui leurs sied à ravir et, d’autre part, pour servir d’écran à l’impuissance caractérisée doublée d’une incapacité grandissante de la République dans tous les domaines, qu’ils soient politique : on gouverne maintenant par dictats, économique : la dette augmente vertigineusement et atteindra courant 2014 près de 90 % du PIB,  et religieux : Femen, casses dans les Eglises et destruction de cimetières…

Il y a là, en ce moment, une volonté manifeste de réduire la France à une simple colonie de quelque puissance étrangère, déjà aux ordres d’une « Europe » pas si unie que ça, et de l’Otan, qui ne refuse rien aux UsRaëliens.

 

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6 réponses à La traque.

  1. Chris dit :

    C’est comme ça que « certains » se font aimer : par la force !!!
    Pourtant , ça leur a jamais tellement bien réussi !!
    A suivre ….avec grand intéret …

  2. Polina dit :

    Ce qui est sûr, c’est que ce débat passionné témoigne d’un malaise bien plus grand que ce que la pointe de l’iceberg veut bien en laisser paraitre.

  3. LHDDT 佐罗 dit :

    Vers une « liste » des Dieudo ?

  4. Paul-Emic dit :

    C’est ce qu’on se dit en seconde analyse, l’affaire n’est qu’un prétexte pour plus de pouvoir et de contrôle, mais là ils vont se heurter à un problème bien plus important que la (non)résistance des Français de souche culpabilisés et jouisseurs dans un premier temps (années 50-80), puis culpabilisés et tétanisés dans un second temps.

    Là, il y a en face des gens décomplexés auxquels on a répété depuis la plus tendre enfance qu’ils ne pouvaient pas, de par leurs origines , être racistes et puis il y a la pression démographique qui nous emportera tous.
    Yvan Attal a raison, lui que la France écœure et qui se sent sioniste et Israélien, son avenir est certainement ailleurs.

    Au passage je note qu’il existe encore des journalistes dans certains pays européens, ça nous change.

  5. orfeenix dit :

    Au nom de la liberté d’ expression Valls avait pourtant encouragé le spectacle « Golgotha picnic » où les blasphèmes pullulaient:
    http://www.ubest1.com/?page=video%2F45360#.Us_TZbe_Byk.facebook

  6. blh dit :

    Ce n’est plus une Affaire Dieudonné, mais une Affaire Valls.
    Il semble en effet que quelques voix discordantes se font entendre ici et là .

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