Camerone, 2014

En ces temps de déséquilibre de la mémoire,

il serait bon de se rappeler les sacrifices de la compagnie Danjou, de la Légion Etrangère.

 

Camerone

Le récit de cet affrontement, toujours lu par un Lieutenant :

« 

L’armée française assiégeait Puebla. La Légion avait pour mission d’assurer, sur cent vingt kilomètres, la circulation et la securité des convois. Le colonel Jeanningros, qui commandait, apprend, le 29 avril 1863, qu’un gros convoi emportant trois millions en numéraire, du matériel de siège et des munitions était en route pour Puebla. Le capitaine Danjou, son adjudant-major, le décide à envoyer au-devant du convoi, une compagnie. La 3e compagnie du Régiment étranger fut désignée mais elle n’avait pas d’officier disponible. Le capitaine Danjou en prend lui-même le commandement et les sous-lieutenants Maudet, porte-drapeau, et Vilain, payeur, se joignent à lui volontairement.

Le 30 avril, à 1 heure du matin, la 3e compagnie, forte de trois officiers et soixante deux hommes, se met en route. Elle avait parcouru environ vingt kilomètres, quand, à 7 heures du matin, elle s’arrête à Palo Verde pour faire le café. À ce moment, l’ennemi se dévoile et le combat s’engage aussitôt. Le capitaine Danjou fait former le carré et, tout en battant en retraite, repousse victorieusement plusieurs charges de cavalerie, en infligeant à l’ennemi des premières pertes sévères.

Arrivé à la hauteur de l’auberge de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour entourée d’un mur de trois mètres de haut, il décide de s’y retrancher, pour fixer l’ennemi, et retarder ainsi le plus possible le moment où celui-ci pourra attaquer le convoi.

Pendant que les hommes organisent à la hâte la défense de cette auberge, un officier mexicain, faisant valoir la grosse supériorite du nombre, somme le capitaine Danjou de se rendre. Celui-ci fait répondre : « Nous avons des cartouches et ne nous rendrons pas ». Puis, levant la main, il jura de se défendre jusqu’à la mort et fit prêter à ses hommes le même serment. Il était 10 heures. Jusqu’à 6 heures du soir, ces soixante hommes, qui n’avaient pas mangé ni bu depuis la veille, malgré l’extrême chaleur, la faim, la soif, résistent à 2000 Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins.

À midi, le capitaine Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine. À 2 heures, le sous-lieutenant Vilain tombe, frappé d’une balle au front. À ce moment, le colonel mexicain réussit à mettre le feu à l’auberge.

Malgré la chaleur et la fumée qui viennent augmenter leurs souffrances, les légionnaires tiennent bon, mais beaucoup d’entre eux sont frappés. À 5 heures, autour du sous-lieutenant Maudet, ne restent que douze hommes en état de combattre. À ce moment, le colonel mexicain rassemble ses hommes et leur dit de quelle honte ils vont se couvrir s’ils n’arrivent pas à abattre cette poignée de braves (un légionnaire qui comprend l’espagnol traduit au fur et à mesure ses paroles). Les Mexicains vont donner l’assaut général par les brèches qu’ils ont réussi a ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse encore une sommation au sous-lieutenant Maudet ; celui-ci la repousse avec mépris.

L’assaut final est donné. Bientôt il ne reste autour de Maudet que cinq hommes : le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel, Constantin, Leonhard. Chacun garde encore une cartouche ; ils ont la baïonnette au canon et, réfugiés dans un coin de la cour, le dos au mur, ils font face. À un signal, ils déchargent leurs fusils à bout portant sur l’ennemi et se précipitent sur lui à la baïonnette. Le sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent, frappés à mort. Maine et ses deux camarades vont être massacrés quand un officier mexicain se précipite sur eux et les sauve. Il leur crie : « Rendez-vous ! »

« Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner nos blessés et si vous nous laissez nos armes ». Leurs baïonnettes restent menaçantes.

« On ne refuse rien à des hommes comme vous ! », répond l’officier.

Les soixante hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur serment. Pendant 11 heures, ils ont résisté à deux mille ennemis, en ont tué trois cents et blessé autant. Ils ont par leur sacrifice, en sauvant le convoi, rempli la mission qui leur avait été confiée.

L’empereur Napoléon III décida que le nom de Camerone serait inscrit sur le drapeau du Régiment étranger et que, de plus, les noms de Danjou, Vilain et Maudet seraient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris.

En outre, un monument fut élevé en 1892 sur l’emplacement du combat. Il porte l’inscription :

« Ils furent ici moins de soixante
opposés à toute une armée,
sa masse les écrasa.
La vie plutôt que le courage
abandonna ces soldats Français
le 30 avril 1863.
à leur mémoire, la patrie éleva ce monument »
Depuis, lorsque les troupes mexicaines passent devant le monument, elles présentent les armes. »

« 

Camerone Aubagne
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2 réponses à Camerone, 2014

  1. carine005 dit :

    Cet acte héroïque est digne de la Légion.
    Mais entre nous, qu’allions-nous faire dans cette galère ?
    Je ne connais pas trop les raisons politiques et sûrement économiques de l’expédition au Mexique, mais on peut quand même se poser la question de l’utilité d’un tel sacrifice.

    Honorer sa mission, certes. Mais c’est la question de la légitimité de la mission que je pose.

    On peut se poser toutes les questions du monde sur l’Histoire.
    Par exemple, la question de la paix séparée proposée à la France par l’empereur Charles d’Autriche pendant la 1ère GM, proposition balayée d’un coup de manche par les politiques français, pose une sacrée question sur la légitimité du massacre des peuples « ennemis » dans les tranchées.

    Et puis, on sait les intérêts de qui ces batailles ont servi.

  2. autorite21 commando parachutiste dit :

    Dans cette affaire ce ne sont pas les raisons invoquées par Napoléon III pour envoyer un Corps Expéditionnaire au Mexique en 1862 au secours de son petit neveu Maximilien, c’est l’attitude et le comportement de la Légion Etrangère qui nous intéresse. N’étant pas désignée pour participer à cette Expédition, la Légion fait savoir à l’Empereur qu’elle n’accepte pas d’être évincée de ce conflit. Résultat les Officiers de Sidi Bel Abbes écopent de huit jours d’arrêts de rigueur et la Légion rejoint le Mexique.
    Les combats sont violents et de plus le « vomito negro » ( la peste) touche bon nombre de Légionnaires; c’est ainsi que la 3ème Compagnie du Régiment Etranger ne compte plus que 62 hommes ( moins de la moitié de l’effectif normal et qu’elle n’a plus d’Officiers valides.
    Elle est quand même désignée pour se porter au devant d’un important convoi français qui se dirige vers le siège de Puebla. Le Capitaine DANJOU, Officier Adjudant-Major se porte volontaire pour en prendre le commandement ainsi que deux Sous-lieutenants VILLAIN et MAUDET.
    La Compagnie se met en route et atteind CAMERONE au petit matin. Elle s’arrête pour faire le café. C’est alors que les Mexicains se dévoilent ( charge de Cavalerie). Les Légionnaires forment « le carré » et repoussent cette première attaque. DANJOU a compris que s’il fait porter tout le poids de l’ennemi sur sa Compagnie, le convoi pourra passer sain et sauf. Il se retranche avec ses hommes dans une vieille hacienda en ruine et pendant douze heures cette poignée de Braves va tenir en respect plus de 2000 Mexicains.
    Le Capitaine DANJOU fait prêter serment à ses hommes « de tenir jusqu’au bout et de jamais se rendre ».
    C’est ce que vont faire les Légionnaires jusqu’à ce qu’il n’en reste que trois autour d’un Caporal (MAINE). Ils tirent leur dernière cartouche et s’apprètent à charger « baionnette au canon » pour mourir fidèles au serment qu’ils ont fait à leur Capitaine. C’est alors que les Mexicains sur ordre de leur Colonel (CAMBAS d’origine française) cessent le tir.
    « Rendez vous tout est fini » dit CAMBAS aux Légionnaires. Le Caporal MAINE répond « nous nous rendrons si vous nous laissez armes et équipement, si vous relevez et soignez nos blessés et si vous dites à qui voudra l’entendre que l’on s’est bien battu » CAMBAS interloqué se retourne vers son adjoint  » Ce ne sont pas des hommes ce sont des démons! » puis aux Légionnaires  » On ne refuse rien à des hommes comme vous »
    ICI L’IMPORTANT C’EST LE RESPECT DE LA PAROLE DONNEE JUSQU’AU SACRIFICE SUPRÊME. C’EST L’HONNEUR ET LA FIDELITE DE CETTE TROUPE. C’EST UN LEG FAIT AUX GENERATIONS FUTURES DE LEGIONNAIRES ARRIVANT INTACT JUSQU’A NOS JOURS. C’EST LE SYMBOLE LE PLUS FORT ET LA PLUS GRANDE TRADITION DE NOTRE LEGION.
    Regardez sur GOOGLE les Posts d’AUTORITE21 Commando Parachutiste et de Madame Simona TOPI – MERCI !

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