Les succubes

On demande qui donc sont, souvent, ces jolies jeunes femmes si pauvres qu’elles ne peuvent pas se procurer des soutiens-gorge à leur taille. Mais qui n’hésitent pas trop à parcourir les rues à moitié nues pour revendiquer des impératifs qui, s’ils ne sont pas catégoriques, demeurent néanmoins, sinon, seins en plus, assez diversifiés.

Voici quelques réflexions de journalistes qui  nous éclairent plus que de coutume, habitués à lire notre presse à nous chargée de répandre la bonne parole.

Les FEMEN

De Alexandre Latsa, la voix de la Russie, pour qui ces demoiselles sont plutôt des agents provocateurs.

 » Depuis quelques mois, nombre de français ont entendu parler des FEMEN, ce groupuscule féministe Ukrainien composé de jeunes et jolies jeunes femmes, et dont la méthode de combat et de revendication consiste à exposer ses seins au grand jour. Les actions des FEMEN pour l’amélioration de la condition des femmes ou la lutte contre la prostitution en Ukraine ne peuvent au demeurant qu’attirer de la sympathie. Lorsque celles-ci manifestent en petite culotte pour dénoncer le système « sexe contre diplômes » dans les universités ukrainiennes, tous les hommes de la planète les soutiennent, cela va sans dire. On peut tout autant difficilement être contre elles, lors de leur stimulante campagne appelant à « lire plus » et motivée par le slogan : « si tu ne lis pas plus, je ne couche pas avec toi » (!). Enfin comment ne pas être d’accord avec elles lors de leurs manifestations contre la prostitution pendant l’euro de football en Ukraine ? Les FEMEN jouent sur leur somptueuse plastique et une symbolique très identitaire et guerrière qui, une fois n’est pas coutume, ne semble pas déranger les élites globalistes européennes.

C’est il y a un an que le mouvement a commencé à prendre de l’ampleur et à surtout activement se mêler de politique internationale. Les jeunes féministes se sont revendiquées de l’heritage de la révolution orange en Ukraine, ce coup d’état démocratique destiné à vassaliser durablement l’Ukraine dans l’alliance occidentale. Fin 2011, elles ont aussi manifesté en soutien de la révolution du Lotus en Egypte, contre Moubarak, et pour l’émancipation des femmes Egyptiennes. Nul ne peut douter que le bilan des courses, ne doit sans doute pas être à la hauteur de leurs espérances, mais leur croisade anti-Moubarak et pour l’émancipation des femmes s’est depuis transformé en une croisade contre la Shariah et l’islamisme, ainsi que contre la Burka. Curieusement, les provocations des FEMEN en Turquie et en Tunisie n’ont pas abouti a quoi que ce soit. Le fait de se déshabiller devant une mosquée n’a pas visiblement eu en Turquie l’effet escompté.

Au sein de l’Union Européenne le mouvement a reçu un accueil beaucoup plus favorable. Les FEMEN ont organisé depuis un an un réel tour d’Europe, destiné à l’organisation d’actions dans différents pays, mais aussi à la création de structures FEMEN dans différents pays: suisse, hollande, Italie ou encore France par exemple en réaction à l’affaire Strauss Khan. A l’international, c’est le Brésil qui a lui été cet été contaminé par cette vague feministe-orange. On se demande toujours avec quels moyens et quels soutiens logistiques ces déplacements ont été organisés. La Voix de la Russie a publié un texte très intéressant à ce sujet, et qui met en lumière des faits assez intéressants, notamment le fait que les FEMEN bénéficient de soutien plus qu’inattendus à l’ouest comme à l’est, via des stars du Show-business Ukrainien, des hommes d’affaires allemands et américains ou encore plausiblement la présence française à l’étranger, puisque les FEMEN notamment étaient invitéesa l’ambassade de France a Kiev le 14 juillet 2012. Ces soutiens ne sont pas surprenants lorsqu’on sait que les FEMEN défendent l’entrée de l’Ukraine dans l’UE et s’opposent également à l’ingérence russe en Ukraine. Il est aussi à noter que lors de leur dernière visite à Moscou, celles-ci ont été reçues par Sergueï Mironov, le leader du parti d’opposition social-démocrate Russie Juste, parti qui a activement participé aux contestations de rues en Russie, contestations que certains ont comparées a une tentative de révolution de couleur en Russie.

C’est justement cet été que les choses ont commence à prendre une autre ampleur. Le message global des FEMEN s’est politisé, s’affirmant de plus en plus contre le racisme, le sexisme et les valeurs patriarcales qui règnent dans les sociétés industrialisées, valeurs promues selon elles par les religions. Leurs campagnes politiques vont alors de plus en plus se diriger contre les leaders de l’Europe orientale : Vladimir Poutine, Alexandre Loukachenko, Victor Ianoukovitch ou leurs alliés en Europe, Sylvio Berlusconi en tête. En juillet dernier, les FEMEN tentent d’agresser le patriarche orthodoxe Cyrille lors d’une visite a Kiev, sous le slogan : Tuez Cyrille, la campagne étant accompagnée d’une photo de ce dernier décapité. Charlie hebdo n’aurait sans doute pas fait plus ignoble. Très logiquement finalement cette action a été revendiquée en soutien au Pussy-Riot, ces 3 anarchistes russes ayant été arrêtées pour avoir organisé un concert punk dans la cathédrale Saint Sauveur à Moscou et dont deux d’entre elles ont été condamnées pour hooliganisme. En réaction à la condamnation de ces dernières, les FEMEN ont donc jugé nécessaire d’attaquer l’église et de tronçonner une croix érigée en mémoire des victimes de la répression stalinienne et qui datait de la révolution de couleur orange. Ce faisant, elles voulaient tant manifester leur déception de l’Ukraine orange que montrer leur détermination face a l’église Chrétienne.

La réaction du pouvoir Ukrainien a été sans doute moins disproportionnée que celle du mainstream médiatique qui a réagi de façon relativement obsessionnelle à ce non événement: dans tous les pays du monde les manifestations non organisées sont illégales et la destruction d’édifices publics et religieux également hors la loi. De façon surprenante, suite à cela, la coupeuse de croix arrive à s’enfuir d’Ukraine en étant pourtant recherchée en Ukraine et trouve refuge en France ou s’installera peu de temps après la base arrière et internationale des FEMEN. L’antenne française est rapidement créée à Paris composée de militantes françaises et sous la férule de Inna Shevshenko, Loubna Meliane ou encore Safia Lebdi qui à jugé bon de m’écrire J

L’orientation très à gauche de ces cadres français est parfaitement adapté aux revendications des FEMEN pour une nouvelle société sans religions, sans différences entre hommes et femmes et en faveur des droits des minorités. La proximité du mouvement avec les groupes libertaires de gauche français tels que « ni putes ni soumises » ou avec « le parti socialiste » semble clairement indiquer les raisons d’êtres de ce groupuscule féministe qui n’a rien trouvé de mieux que d’aller hier en France déranger une manifestation autorisée pour la famille traditionnelle en hurlant « in Gay We trust ». Les FEMEN, déguisées en bonne sœur, ont gazées des poussettes et des enfants avec du faux gaz en hurlant « voila le sperme de dieu », déclenchant vraisemblablement le stress et la colère du service d’ordre de la manifestation. On se demande comment il aurait pu en être autrement. Le mainstream s’est lui contenté de parler de coups que les FEMEN auraient reçu. Evidemment nul ne saurait cautionner les coups que l’une des activistes a vraisemblablement reçu (ce qui n’est pas la première fois) mais de la même façon qu’avec les Pussy-Riot on peut se demander quelles sont les motivations réelles d’une telle action.

Une femme (théoriquement une future mère) trouve t’elle normal d’aller hurler et jeter du gaz (aussi faux soit t-il) sur des familles en poussette ? N’y a-t-il d’autres moyens pour de jolies jeunes femmes, dont des responsables associatives françaises, de se faire entendre ? Comment la société et les journalistes auraient réagi si des manifestants pour le mariage homosexuel avaient été agressés de la même façon par des partisans du mariage traditionnel ?

Produit marketing importé à sans doute très bas coût, les FEMEN ont depuis leur arrivée en France dévoilé leur vrai visage, celui d’un groupuscule féministe financé et soutenu par l’Occident, sous contrôle politique et moral d’une gauche française libertaire et sectaire, et dont à ce jour, les revendications exprimées sont bien loin des préoccupations populaires et nationales tant françaises qu’Ukrainiennes. »

De Vladimir Sinelnikov:

« La journaliste d’une chaîne de télévision ayant infiltré l’organisation féministe ukrainienne a découvert des détails intéressants concernant le fonctionnement de l’organisation. Sa conclusion : les militantes ont pour objectif de se faire de la publicité et sont financées par des représentants des milieux d’affaires européens et américains.

Pour comprendre le fonctionnement de l’association FEMEN, une jeune journaliste de la télévision ukrainienne a intégré l’organisation et a participé à ses actions « seins nus » en filmant ce qui se produisait avec une caméra cachée. Elle a suivi pendant plusieurs semaines une initiation professionnelle à l’art de la scène et aux relations publiques, apprenant à se comporter agressivement pour attirer l’attention des journalistes et se présenter comme une victime innocente. Le plus important – c’est d’être à l’aise en montrant ses seins au public lors des manifestations.

DiaporamaLes membres de l’organisation FEMEN sont descendues dans les rues de Paris

La nouvelle recrue de FEMEN a fait ses débuts lors de l’action à Paris, où l’association a ouvert récemment un bureau. Les filles de FEMEN sont venues à Paris pour manifester devant le Centre culturel islamique de la capitale française. Selon la journaliste, elle ressentait littéralement sur sa peau les regards chargés de colère des gens, dont les sentiments religieux ont été délibérément offensés.

« L’action se déroule près du Centre culturel islamique et nous sentons que la foule est prête à nous déchirer en morceaux. Seuls les appareils photo de mes confrères nous ont sauvés du lynchage », a-t-elle dit après la manifestation.

Le voyage à Paris était offert à la journaliste par l’organisation FEMEN. Le billet d’avion, la chambre d’hôtel, les voyages en taxi et la nourriture coûtaient un millier d’euros par jour pour chacune des participantes, sans compter les frais de costumes, les services des maquilleurs et des stylistes.

La journaliste a également découvert que les activistes de FEMEN sont payées pas moins de 1000 dollars par mois, le triple du salaire moyen en Ukraine. En outre, le loyer que l’association verse pour son bureau de Kiev s’élève à 2500 dollars par mois, alors que le loyer mensuel du bureau parisien se monte à plusieurs milliers d’euros.

Malheureusement la nouvelle activiste n’a pas pu découvrir qui sponsorise le mouvement, ni découvrir la personne qui appelle les militantes à mener telle ou telle action de protestation. La journaliste suppose qu’il s’agit certainement de personnes qui apparaissent souvent aux côtés des militantes du mouvement. Il s’agirait notamment du milliardaire allemand Helmut Geier, de la femme d’affaires allemande Beat Schober, et de l’homme d’affaires américain Jed Sunden. Wikipédia soutient également la version selon laquelle ce dernier financerait les actions de FEMEN. « 

De Julien Sartre, l’Express

 » Elle dit s’être enfuie par la fenêtre de son appartement, avec seulement son passeport et son téléphone portable en poche. « La police était en train de défoncer ma porte, j’ai eu quelques secondes pour réfléchir, j’ai décidé de quitter mon pays », raconte Inna Shevchenko.

Installée sur un canapé du théâtre parisien qui a décidé de l’accueillir, et de fournir un lieu à son organisation, cette activiste de Femen affiche sa détermination. « Je ne peux pas retourner dans mon pays. Parce que nous avons tronçonné une croix orthodoxe en soutien aux Pussy Riot. J’ai reçu de nombreuses menaces de mort et les services secrets nous ont suivi sans arrêt », jusqu’à ce matin de la semaine dernière, où il lui faut s’enfuir.

Dans la capitale française, c’est le « Lavoir Moderne Parisien » qui s’est porté volontaire pour recueillir la jeune femme de 22 ans. Hervé Breuil, co-fondateur de ce théâtre du XVIIIe arrondissement, estime qu’il s’agit d’une démarche « tout à fait naturelle, puisqu’il s’agit d’un lieu très engagé, dans de nombreuses causes. » Les Femen France les ont mis en relation ; une soirée de soutien aux militantes ukrainiennes a eu lieu dans ces murs il y a quelques mois déjà.

La branche française de l’organisation a fait parler d’elle à Paris, au Trocadéro, mais aussi à Londres, pour les Jeux Olympiques. « Nous voulons les aider, parce que c’est un enjeu important, et qu’il faut internationaliser leur combat », poursuit Hervé Breuil. Combat. Le vocabulaire guerrier convient bien aux Femen, qui assument. « Ici, nous allons faire un camp d’entraînement féministe, avec des professeurs qui apprendront à leurs élèves à être de vraies soldats », reprend Inna Shevchenko. Même si elle souhaite rester discrète sur les projets les plus immédiats de l’organisation, « parce qu’il ne faut faire confiance à aucun gouvernement », l’activiste promet des actions d’éclat. Mais d’abord, « il faut se préparer psychologiquement et physiquement. Cela se passera ici, au Lavoir Moderne Parisien. Rien ne s’improvise, face à la police, face à ceux qui ne partagent pas nos idées. Il faut être fortes, émotionnellement, mais pas seulement. »

Un avis que partage Eloïse Bouton, de Femen France. Elle est « flattée que ce soit la France qui ait été choisie pour faire un nouveau centre européen ». Et elle fonde de grands espoirs sur le développement du mouvement à Paris. « Auparavant, beaucoup de femmes hésitaient à s’engager parce qu’elles ne savaient pas trop où elles mettaient les pieds. Mais là, avec un endroit et les Femen en vrai, cela va attirer du monde. J’ai déjà reçu beaucoup de demandes sur Facebook », affirme-t-elle. D’autres Ukrainiennes de Femen devraient rejoindre Inna Shevchenko dans les prochains jours. La prochaine fois qu’elles feront parler d’elles, ce sera toujours à Paris. Mais elles auront forcément les seins nus.

à suivre :

Minées par les dissensions internes, les Femen aurait-elles mis la clé sous la porte ?

L’une des militantes de Femen a annoncé que l’organisation connue pour ses performances polémiques était dissoute et n’existait plus depuis 2015. Faux, lui a répondu une autre figure majeure du mouvement, qui assure que le mouvement est bien vivant.

«Femen n’existe plus. Tout est fini depuis 2015. Toutes ont suivi leur chemin. L’équipe qui se trouvait au départ n’existe plus», a déploré l’une des militantes à l’origine du mouvement controversé Femen, Iana Jdanova, au média ukrainien Apostrophe.

Selon l’activiste, les actions de protestation sous l’égide de Femen qui ont depuis eu lieu dans différents pays n’ont rien à voir avec le mouvement. «Maintenant, Femen n’est plus une organisation. Le style et les méthodes que nous avons créés durant l’existence de notre organisation ont juste été repris», estime-t-elle.

Lire aussi : La Femen qui avait dégradé la statue de cire de Poutine relaxée de la charge d’exhibition sexuelle

Femen s’est dissoute «tout comme d’autres organisations féministes classiques», a révélé, Iana Jdanova. «Nous nous sommes toutes disputées», a-t-elle conclu.

Des actions qui se revendiquent du mouvement Femen se tiennent assez régulièrement à travers le monde. Ainsi, le 17 janvier, une militante seins nus avec le message écrit sur le corps «Saisir le patriarcat par les boules», a attaqué une statue de cire de Donald Trump au Musée de cire de Madrid.

Pour le moment, la seule a avoir réagi à ces propos est Inna Shevchenko, une des figures majeure du mouvement, qui a fait savoir via Twitter que le mouvement était bel et bien vivant. Elle a estimé que fort de ses «sept antennes, ses 150 000 supporters, ses douzaines d’actions et centaines d’articles de presse, Femen est et sera là».

Femen est un mouvement féministe connu pour ses actions farfelues créé en 2008. Leurs militantes utilisent la nudité pour attirer l’attention lors d’événements consacrés à des sujets brûlants. Les premières actions ont eu lieu à Kiev, mais depuis 2012, le mouvement s’est propagé dans le reste de l’Europe et du monde.

9 réponses à Les succubes

  1. Bistroman dit :

    Je suis surpris de devoir remplir un formulaire pour apposer un commentaire ici. Pourtant ce blog est décrit comme « fièrement propulsé par WordPress », nous sommes donc presque frères virtuels (à défaut de sang). J’ai parcouru cet article tout plein de mots et je suis heureux de ne pas avoir ce genre de soucis avec mon épouse.
    Amicalement

    • blh dit :

      C’est juste pour le 1er commentaire, les suivants passeront sans modération. Merci de votre petit bonjour.

      Quant à ces demoiselles, elles font plus pitié qu’autre chose. Et quand on sait qui les paie et les soutient, c’est une raison de plus de désespérer de la nature humaine.

      Mais, bof, haut les cœurs quand même ! :o)

  2. oui, ce sont des sorcières bonnes à brûler !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *